Saint-Avold entre dans la boucle du rPET avec Loop Industries, Suez et SKGC

Suez, Loop Industries et SK Geo Centric construiront leur usine de recyclage de PET à Saint-Avold, en Moselle. Investissement : 450 millions d’euros pour une mise en service repoussée à 2027. 

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La future usine Suez Loop
Maquette de l'usine lors de la première annonce du projet en 2020.

Ce sera finalement en 2027 au sein de la plateforme chimique de Saint-Avold, en Moselle. Le français Suez, le canadien Loop Industries et le sud-coréen SK Geo Centric annoncent enfin la date et le lieu d’implantation de leur future usine de recyclage chimique de PET par dépolymérisation. Les travaux doivent commencer en 2025. La capacité de production annuelle prévue se porte toujours à 70 000 tonnes pour un investissement de 450 millions d’euros, financé en partie par des subventions publiques dont le montant n’a pas été dévoilé. 

Ce projet ne date pas d’hier. La première annonce remonte au 10 septembre 2020. L’investissement prévu se portait alors à 75 millions d’euros pour une entrée en service programmée pour 2023. Deux ans plus tard, ce chiffre grimpe à 250 millions, alors que Loop annonce une implantation à Port-Jérôme (Seine-Maritime), dans le cadre de la cinquième édition de l'opération "Choose France";

Quelques mois plus tard, le projet évolue encore. Suez évoque alors une implantation “en France ou en Europe”. La concurrence en matière d’approvisionnement, notamment avec le mégaprojet de recyclage moléculaire de polyesters issus d’emballages ménagers et de déchets textiles d’Eastman prévu sur le même site, pourrait être la cause de ce changement de pied. 

200 emplois à la clé

C’est donc finalement la plateforme Chemesis de Saint-Avold qui accueillera le projet et les 200 emplois directs promis. Proche des frontières belge, luxembourgeoise et allemande, le lieu permettra de “répondre à la demande croissante en PET recyclé, encouragée par la réglementation européenne”, comme l’indique un communiqué. Pdg et fondateur de Loop, Daniel Solomita évoque sa “proximité avec les sources de matières premières et son large réseau routier et ferroviaire (…) qui faciliteront la distribution de la résine PET Loop à travers l’ensemble du continent”. Le président de la Communauté d’Agglomération Saint-Avold Synergie, Salvatore Coscarella, y voit bien-sûr “une véritable opportunité de développement”. “Une procédure de concertation locale préalable sera lancée dans les prochaines semaines afin de présenter le projet au grand public”, précisent les trois partenaires industriels. 

“Infinite Loop”

Les flux entrants de matières premières seront collectés, triés et préparés par Suez. Loop apporte sa technologie “Infinite Loop” de dépolymérisation à basse température et sans ajout de pression, “permettant de transformer des matières plastiques de faible valeur, jusqu’alors incinérées ou enfouies, en plastique PET de qualité vierge d’une pureté optimale”. À pleine capacité, l’usine permettrait d’éviter, selon une ACV datant de mars 2022, l’émission de plus de 255 000 tonnes de CO2 par an par rapport à un procédé pétrochimique traditionnel.

Le géant SKGC fournira pour sa part ses compétences en matière de procédé pétrochimique et d’industrialisation. L’entreprise asiatique travaille actuellement sur le projet de la première usine exploitant le procédé canadien. La première pierre devrait être posée cette année à Ulsan, en Corée du Sud.

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