Safilin, filateur industriel de lin et de chanvre, va ouvrir début 2022 une filature à une cinquantaine de kilomètres de son siège social, à Sailly-sur-la-Lys, dans le Pas-de-Calais. L’entreprise est actuellement en train de finaliser l’acquisition du site dont l'implantation n'est pas à ce jour précisée.
Le nouveau bâtiment, d’une superficie de 6 000 m², va accueillir 14 métiers à filer. Sur les 5 millions d'euros investis, 800 000 euros sont consacrés à l’aménagement du site. "Nous devons l’adapter aux contraintes de notre métier notamment en réalisant des travaux d’isolation pour veiller à une hygrométrie adéquate", renseigne Olivier Guillaume, président de Safilin.
Une filature destinée à un marché de niche
Avec ce nouvel outil de filature, Safilin renoue avec l’un des savoir-faire ancestral de la région. "80 % de la production mondiale de lin se situe entre la Normandie et les Pays-Bas, dont 40 % dans les Hauts-de-France. Grâce à cette filature, nous serons désormais capables de proposer une transformation 100 % française du champ au vêtement", précise Olivier Guillaume. 25 ans après avoir quitté la région pour ouvrir deux usines en Pologne, Safilin fait le chemin inverse. A un détail près, les deux sites polonais vont continuer leur production (4 500 tonnes par an, soit 200 km de fil par minute) et feront même l’objet de projets d’extension à moyen terme.
"Le site local vient en complément des deux autres et a vocation à répondre à un autre marché, notamment celui en progression du textile français avec des matériaux biosourcés et traçables", précise Olivier Guillaume. Sa production sera donc moindre par rapport à ses homologues polonais, soit 350 tonnes par an.
Safilin, dont le chiffre d’affaires est de 30 millions d’euros, espère commercialiser les premiers produits locaux à l’horizon de l’été 2022. Avec un soutien de France relance de 800 000 euros, de la région et des collectivités locales, qui devraient investir à même hauteur, le filateur va embaucher une trentaine de personnes en 2021 puis une vingtaine d’ici 2024, soit une cinquantaine de postes à la clé qui viennent s’ajouter aux 480 salariés polonais.



