Roland Lescure s’est rendu lundi 16 octobre au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), afin de rencontrer des élus du département et des syndicats des papeteries de Condat, propriété du groupe espagnol Lecta. Les dirigeants de l’usine ont fermé cet été l’une des deux dernières lignes de production, supprimant au passage 174 des 420 emplois du site, plus gros employeur industriel de Dordogne. Et justifiant cette décision par une baisse de 40% de leurs commandes et une hausse des prix de l’énergie. «Vous arrivez trop tard!» lance au ministre le représentant de la CGT. «La bataille commence seulement», répond Roland Lescure, assurant étudier avec les dirigeants de Lecta la possibilité de transformer la ligne qui vient de fermer. Objectif : la convertir en vue de produire le même papier glacine que la ligne toujours en activité.
«L’État est prêt à y investir 40millions d’euros», soit le tiers de ce que coûterait le chantier, selon Roland Lescure. «Sans pour autant signer de chèque en blanc».
Des responsables politiques appellent au boycott de Lecta
Un «chèque en blanc», c’est un peu ce que regrette d’avoir accepté le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, qui demande depuis juillet le remboursement des 20 millions d’euros de prêt à taux zéro octroyé en 2020.
D’autres responsables politiques se sont également positionnés publiquement, comme la maire du Lardin-Saint-Lazare qui réclame une «nationalisation provisoire» de l’usine, hypothèse rejetée dimanche 15 octobre par le ministre de l’Industrie dans les colonnes du quotidien Sud-Ouest. «L’industrie du papier est importante, mais elle n’est pas de nature stratégique. Nous ne sommes pas sur des questions de défense nationale ou autre. De plus, une nationalisation temporaire n’aurait eu de sens qu’avec un repreneur derrière, prêt à s’investir», a précisé Roland Lescure. Deux députés Nupes de Dordogne, Sébastien Peytavie et Pascale Martin, ont de leur côté appelé vendredi 13 octobre les maisons d’édition Flammarion, Larousse, Glénat et Hachette à ne plus se fournir en papier double, utilisé pour leurs «beaux livres», à Lecta, qui le fabrique désormais à l’étranger.
En attendant, c’est sous les sifflets et un concert de casseroles que Roland Lescure a quitté la Dordogne, devant une quarantaine de salariés de la papeterie qui espéraient l’annonce du redémarrage de la ligne fermée cet été. «On nous parle d’hypothétiques travaux, qui prendraient des années. Et, que vont devenir les 174 salariés licenciés ?» s’interroge l’un de leurs collègues.



