« 2023 a été une année historique pour Syensqo et je suis fière de ce que nous avons réalisé dans un environnement macroéconomique incertain », abonde Ilham Kadri, p-dg de Syensqo, à l’occasion de l’annonce des résultats de l’année écoulée. Historique, car marquée par la scission réussie de ce qui était jusqu’alors Solvay, en décembre dernier. C’est ainsi que Syensqo qui regroupe toutes les activités de chimie de spécialité de l’ancien groupe a vu le jour.
Et les résultats de cette nouvelle entité n’échappent pas aux conséquences économiques de la guerre russe contre l’Ukraine, des coûts énergétiques élevés, ou encore de l’inflation. Ses ventes ont chuté de 13,4 %, par rapport à 2022 – une année « record » –, pour atteindre 6,8 milliards d’euros. En cause, une baisse des volumes de 11 % : le résultat d’une demande atone et de déstockages chez les clients. De son côté, l’Ebitda a chuté de 13,1 %, atteignant 1,6 Mrd €. En revanche, la marge d’Ebitda (23,7 %) s’affiche en très légère hausse, par rapport à 2022 (23,6 %).
Performance des Composite Materials
C’est grâce à son segment Materials que Syensqo a généré le plus de croissance, avec des ventes (58,6 % du CA total) en progression de 1,6 %. Le groupe le doit plus précisément à l’activité Composite Materials, dont les ventes ont augmenté de 12 %, portées par une forte croissance dans l’aéronautique, l’aérospatial, la défense et l’électronique. Tandis que du côté des Specialty Materials, les volumes ont baissé (- 6 %), en particulier dans l’automobile (déstockage des clients) et dans la construction.
En revanche, les ventes du second segment, Consumer & Resources (composé de quatre activités) ont dégringolé de 25,8 %. Novecare (- 28,2 %) a été impacté par une demande plus faible et du déstockage des marchés de l’agroalimentaire, de l’alimentation animale et humaine et de la construction. Technologies Solutions (- 7 %) a subi la baisse des volumes de l’exploitation minière, en raison de perturbations dans certaines mines. Au second semestre, une forte concurrence sur les marchés de l’alimentation, des arômes et des parfums a eu raison des ventes d’Aroma Performance (- 39,6 %). Et la baisse des activités de forage aux États-Unis, couplée à une demande plus faible en gaz naturel, a impacté les volumes d’Oil & Gas (- 27,7 %).

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7 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
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Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Une stabilisation de la demande
Pour 2024, Syensqo s’attend à une dynamique globale à l’image de celle du dernier trimestre de 2023 : « Avec des volumes globalement stables. La fin du déstockage chez [les] clients pointe vers une demande en cours de stabilisation, depuis le début de l’année », affirme le communiqué. Malgré cela, le groupe prévoit un Ebitda compris entre 1,4 Mrd € et 1,55 Mrd €, en deçà, donc, des 1,6 Mrd € de 2023. Ce qui ne l’empêche pas de tabler sur une croissance annuelle du chiffre d’affaires de 5 % à 7 %, d’ici à 2028, et sur une marge d’Ebitda aux alentours de 25 %. « Bien que nous prévoyions une reprise modérée de la demande sur bon nombre de nos marchés finaux en 2024, je n’ai jamais été aussi confiante dans les moteurs à long terme de notre groupe », assure Ilham Kadri.
Pour finir, la p-dg s’enthousiasme : « Nous sommes déjà à mi-chemin de nos objectifs de réduction des émissions de GES des scopes 1 et 2, et même de scope 3. » Par rapport à 2021, Syensqo a réduit de 20 % celles de scopes 1 et 2, et de 11 % celles de scope 3. Ces chiffres devraient respectivement atteindre 40 % et 23 %, d’ici à 2030.



