Le marché automobile bat de l’aile, mais Renault tient bon. Le constructeur tricolore a publié jeudi 24 octobre des résultats trimestriels en ligne avec ses prévisions et les attentes du marché. Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires du groupe ressort à 37,7 milliards d’euros (+0,8% par rapport à la même période en 2023, 37,4 milliards d’euros). Sur le seul troisième trimestre, son chiffre d'affaires est en légère hausse à 10,7 milliards d'euros (+1,8% sur un an).
Malgré un marché en repli ces derniers mois, le constructeur français ne flanche pas et réaffirme son objectif d’une marge opérationnelle supérieure ou égale à 7,5% en 2024 – lui qui avait déjà affiché en 2023 une marge record de 7,9%, contre 5,5% en 2022 et 2,8% en 2021.
Cette performance relève presque de la prouesse par les temps qui courent. De nombreux constructeurs européens ont publié des alertes sur résultats depuis septembre : les allemands Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz, en difficulté en Chine, ont revu leurs ambitions à la baisse quand Stellantis, régulièrement applaudi ces dernières années pour sa discipline financière, a abandonné avec fracas sa marge «à deux chiffres». Pas plus tard qu’hier, mercredi 23 octobre, c’est Volvo qui a réduit la voilure avec des perspectives de croissance des ventes sur l'année à 7-8%, contre une fourchette précédente de 12-15%. Et les analystes financiers s’accordent à dire que les «profit warning» ne font que commencer…
Dans ce contexte, Renault fait figure de résistant. L’entreprise, qui commercialise les marques Renault, Dacia et Alpine, déjoue les pronostics. Si ses volumes mondiaux ont naturellement pâti du faible dynamisme des ventes au troisième trimestre, en recul de 5,6% à 482 468 véhicules, le groupe résiste bien en Europe, où il a écoulé sur les neuf premiers mois de l’année un total de 1 175 762 véhicules, soit 3,1% de plus que sur la même période un an plus tôt. Dans le même temps, le marché n’a gagné qu’un seul petit point de croissance.

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Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Flot de nouveautés sur le marché
La bonne forme du Losange s’explique par plusieurs facteurs. Pour tous les constructeurs, les marges sur chaque véhicule vendu ont commencé à se normaliser, après une longue phase de hausse des prix due à la pénurie de voitures au sortir de la pandémie. Si Renault est forcément touché par ce phénomène et a commencé à stabiliser ses prix, sa performance est soutenue par l’arrivée de ses nouveaux produits phare : Renault 4 et 5 ou Dacia Duster et Bigster, pour ne citer qu’eux.
«Notre chiffre d'affaires du 3ème trimestre commence à bénéficier de notre offensive produit sans précédent, avec dix lancements de nouveaux véhicules cette année, représentant 18% des facturations du trimestre. Cette tendance se poursuivra au cours des prochains trimestres, en ligne avec l'introduction progressive des véhicules sur leurs marchés respectifs. Elle accélérera encore grâce aux sept nouveaux lancements prévus en 2025», promet Thierry Piéton, le directeur financier du groupe Renault, cité dans un communiqué.
«Renault ne défie peut-être que temporairement la gravité»
Cette «dynamique spécifique de lancements de produits et de réductions de coûts» devrait permettre au constructeur «d’inverser la tendance en termes de volumes dès le trimestre 4 (et au 1er semestre 2025) mais aussi d’améliorer séquentiellement sa rentabilité au second semestre, une performance unique au sein des constructeurs», salue Oddo BHF dans une note publiée le 21 octobre. «Renault ne défie peut-être que temporairement la gravité, mais l'absence de stocks excédentaires, la croissance des véhicules électriques à partir de niveaux bas et l'extension de la marque Dacia au segment C offrent un soutien à contre-courant», commentait en septembre dans une note d’analyse Philippe Houchois, chez Jefferies.
Conformément à ses précédentes annonces, Renault maintient son souhait d’afficher un bénéfice d'exploitation absolu plus élevé au second semestre qu'au premier, preuve que sa discipline financière paie. C’est d’ailleurs primordial pour le groupe qui a besoin de générer des liquidités après quelques années funestes. L’une de ses priorités reste de revenir en catégorie "investissement" pour sa notation crédit, ce qui lui permettrait d’emprunter de l’argent à des taux plus avantageux.



