Renault et Nissan sur le point de dévoiler leur nouvelle Alliance

L'Alliance Renault-Nissan est prête à prendre un nouveau départ. Les administrateurs indépendants de Nissan ont validé l'accord qui consiste à rééquilibrer le partenariat entre les deux constructeurs automobiles. Une étape cruciale qui va permettre aux partenaires d'officialiser prochainement les fondations d'une Alliance rénovée.

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Renault s'engage dans un rééquilibrage de l'Alliance qu'il a créée en 1999 avec Nissan.

Bientôt la fin du suspense. Après des mois de négociations, Renault et Nissan ont trouvé un terrain d’entente pour restructurer leur Alliance. Dans la nuit du 16 au 17 janvier, les administrateurs indépendants du constructeur automobile japonais ont validé le projet, selon une source proche du dossier contactée par L’Usine Nouvelle. «C’est une étape très importante», souligne cette source. Le nouveau partenariat devrait être officiellement dévoilé fin janvier ou début février.

Pour l’instant, Renault et Nissan ne font aucun commentaire. Mais les fondations de leur nouvelle Alliance sont déjà connues depuis plusieurs semaines. Élément central de l’accord : le rééquilibrage des participations croisées. Actuellement, Renault détient 43% de Nissan tandis que Nissan détient seulement 15% de Renault, et sans droits de vote. Une asymétrie source de tensions entre les deux groupes automobiles.

Renault lâche du lest et Nissan embarque dans Ampère

Renault a accepté de lâcher du lest. Le groupe français va réduire sa participation chez Nissan à 15% et fait ainsi d’une pierre deux coups : en plus de pacifier les relations avec son partenaire, la vente de ces parts devrait soulager ses besoins en capitaux pour sortir de la crise. Mais le constructeur français ne va pas en bénéficier tout de suite. Étant donné la valorisation actuelle de Nissan, Renault veut placer les 28% de parts qu’il est prêt à céder dans un trust. Le calendrier pour la vente de cette participation n'est pas encore établi. «Cela dépendra de la valorisation de Nissan», indique la source.

En échange de ce rééquilibrage, Nissan va s’engager à investir dans Ampère, la nouvelle entité de Renault dédiée au véhicule électrique et au logiciel qui doit être introduite en Bourse en 2023. Le montant de cet investissement n’est pas encore connu, mais il fait partie des points centraux de l’accord. Les deux constructeurs devraient ainsi dévoiler de nouveaux projets industriels communs. «Nous avons déjà commencé à réinventer l’Alliance de manière très concrète à travers une dizaine de projets que nous avons identifiés : activer des marchés ensemble, partager une usine, développer conjointement une technologie du futur…», indiquait en octobre le directeur général de Renault, Luca de Meo, dans un entretien accordé à L’Usine Nouvelle.

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En parallèle, Renault se rapproche d'Aramco

Le partage des technologies entre Renault et Nissan faisait partie des sujets épineux des négociations. «Dans les moteurs thermiques et hybrides de l’Alliance, il y a des pièces développées par Nissan. Ils ne veulent pas que cela soit cédé à des tiers», rapporte la source. Le sujet est d’autant plus sensible que Renault s’est associé à Geely pour développer des activités dans les moteurs thermiques, dans le cadre du projet Horse.

Renault étudie également une éventuelle participation d’Aramco au projet Horse. Un accord pourrait être dévoilé dans les prochaines semaines. Selon Reuters, l’accord serait en voie de finalisation pour que le groupe pétrolier saoudien prenne jusqu’à 20% de l’entité fondée par Renault et Geely. Aramco pourrait ainsi contribuer aux développements de solutions compatibles avec les carburants synthétiques et l’hydrogène.

Intervention déterminante de l’État français

Avec ces nouvelles fondations, l’Alliance nouée en 1999 va entamer un nouveau chapitre de son histoire, et enfin tourner la page de la crise de confiance qui avait éclaté en 2018 avec l’arrestation de Carlos Ghosn. Aux côtés de Luca de Meo, le président de Renault Jean-Dominique Senard s’est efforcé d’apaiser les relations avec Nissan. Actionnaire de Renault, l’État français est également monté au créneau pour rassurer le gouvernement japonais sur ses intentions, lettre du ministère de l’Économie à l’appui. «Le gouvernement japonais avait besoin de garanties écrites. Ils voulaient être sûrs qu’il n’y aurait pas de revirement de l’État même si les hommes changent», explique la source.

Maintenant que les administrateurs indépendants de Nissan ont donné leur feu vert, les conseils d'administration de Nissan et Renault devraient se réunir chacun de leur côté pour valider l'accord. Prochaine épreuve pour les deux constructeurs : convaincre les investisseurs.

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