Un imposant SUV familial pour compléter sa gamme internationale. Renault dévoile jeudi 10 juillet Boreal, un véhicule dérivé du Dacia Bigster mais adapté aux codes de la marque au losange. Long et haut, confortable et connecté, ce nouveau modèle doit aider la marque à conquérir une clientèle haut de gamme dans l’ensemble de ses marchés de conquête, de l’Inde au Brésil en passant par la Turquie et la Corée, sans oublier le Maroc.
Car il n’y a pas que l’Europe dans la vie. La marque Renault, qui écoule 36% de ses ventes hors Europe (560000 unités en 2024), a toujours été très dépendante de sa plaque continentale d’origine. C’est d’autant plus vrai en 2025, trois ans après sa sortie express de la Russie, à l’époque le deuxième marché du groupe. Si son absence des deux autres grands marchés mondiaux, la Chine et les États-Unis, se révèle une aubaine à l’aune de la guerre commerciale qui fait rage, Renault se doit toutefois de trouver des relais de croissance pour l’avenir. En effet, les volumes du Vieux Continent stagnent et font l’objet de convoitises de la part de la concurrence.
Doubler le chiffre d'affaires par unité de vente
La marque a présenté en 2023 un ambitieux plan stratégique, son «International Game plan». Ses objectifs pour 2027 : trois milliards d’euros d’investissement pour concevoir huit modèles dédiés à l’international, avec un chiffre d’affaires unitaire deux fois supérieur par rapport à 2019. Aux yeux du patron du Losange, Fabrice Cambolive, une dernière ambition doit être de s’adjuger au moins 5% de parts de marché dans les pays-clés. «C’est à partir de là qu’on devient visible, qu’on peut localiser [la production] et développer une gamme… c’est à partir de ce moment-là qu’on est crédible, finalement».
Boreal est-il le modèle qui offrira à cette percée ? «C'est clairement un emblème de notre ambition de nous élever sur la scène mondiale grâce à notre qualité et à notre innovation, assure Fabrice Cambolive. Nous souhaitons monter en gamme à l’international comme nous l'avons fait en Europe». Très largement inspiré du Dacia Bigster, Boreal présente des faces avant et arrière complètement repensées, des lignes de carrosserie plus travaillées et complexes, un intérieur inévitablement plus léché et confortable.

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Architecture dédiée
Sur le plan technique, le véhicule se base sur la plateforme modulaire de Renault Group, version modifiée de la CMF-B. La base technique est présentée comme ultra-flexible. «Cette architecture assure un important gain de temps de développement, de compétitivité et maximise les synergies sur les marchés en dehors de l’Europe», vante Renault. Elle permet de varier considérablement les longueurs des véhicules, de 4,11 mètres de long pour le Kardian jusqu’à 5 mètres pour un futur pick-up hybride préfiguré en 2023 par le concept Niagara. Autre atout : son architecture électronique. Boreal embarque de nombreuses aides avancées à la conduite ainsi que le système multimédia OpenR Link, auquel sont intégrés les services de Google.
Renault vise également des synergies sur le plan industriel. Grâce à la conception de ses modèles globaux sur une plateforme commune – et malgré des différences notables entre les véhicules –, Renault s’offre la possibilité d’assembler Boreal à la fois au Brésil et en Turquie. L’usine de Curitiba produit pour 17 pays d’Amérique latine et, à partir de 2026, le site turc de Bursa assurera une production équivalente pour 54 autres marchés dans le monde. «Le fabriquer dans ces deux hubs industriels et d’ingénierie permet de démultiplier l’effet d’une même plateforme en jouant sur un marché local très dynamique et un marché à l’export», assure Fabrice Cambolive. Car Boreal «est clairement un modèle de volume».



