C’est "l'un des plus grands défis" auxquels fait face Renault, d’après sa directrice générale par intérim, Clotilde Delbos. Comme l’ensemble des constructeurs automobiles opérant en Europe, le fabricant d’automobiles français va devoir réduire ses émissions de CO2 pour atteindre les nouvelles normes qui entrent en vigueur dès cette année sur le Vieux Continent, sous peine de devoir s’acquitter de lourdes amendes. Le seuil est fixé à 95 grammes de CO2 par véhicule et kilomètre, avec un niveau personnalisé pour chaque constructeur en fonction de la nature de sa flotte. Pour l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, la limite est de 92,9 grammes, d’après les données publiées par le cabinet PA Consulting.
Un objectif atteignable, à en croire la direction du groupe. "Nous sommes intimement convaincus que notre offre nous permettra d’atteindre nos objectifs" d’émissions de CO2, a insisté vendredi 14 février la responsable du constructeur au Losange, à l’occasion de la présentation des résultats financiers pour 2019.
Renault mise notamment sur sa citadine pionnière, la Zoé, pour faire croître la part des véhicules électriques vendus en 2020. 10 000 exemplaires de ce modèle, dont la nouvelle génération a été lancée en fin d’année dernière, ont été écoulés au mois de janvier, a précisé le groupe. En parallèle, une version électrique de la Twingo doit être présentée au salon automobile de Genève (Suisse) en mars.
Un modèle électrique pour Dacia

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Un autre modèle fonctionnant uniquement sur batteries et reposant sur la plateforme CMF-VE devrait faire son apparition en 2021. Arrivé plus tardivement sur l’hybride, Renault mise également sur les futures déclinaisons rechargeables (PHEV) du Captur et de la Megane. S’ajouteront deux modèles supplémentaires hybrides rechargeables d’ici à 2022, ainsi que quatre hybrides simples (HEV) aux côtés de la Renault Clio.
Un passage à l’électrique qui s’impose aussi à la marque à bas coût du groupe Renault, Dacia. Celle-ci devrait en effet se doter vers 2021 d’un premier modèle à batteries. Il doit s’agir de la Renault K-ZE commercialisée en Chine et rebadgée Dacia pour le marché européen.
Une démarche logique au regard du poids de Dacia dans les ventes du groupe Renault. En 2019, la marque roumaine a totalisé plus de 736 500 transactions, en progression de 5% par rapport à l’année précédente, sur 3,754 millions de véhicules particuliers et utilitaires légers écoulés à l’échelle du groupe au Losange. Au total, grâce à ces nouvelles offres, Renault veut faire évoluer son mix pour atteindre 10% de véhicules électriques et hybrides rechargeables (PHEV) vendus en 2020, 30% pour les hybrides simples (HEV) et le diesel, ainsi que 10% pour des modèles roulant au GPL. Reste à voir si la demande sera au rendez-vous.
"Il faut arriver à convaincre les clients que [l’électrique] est bon pour eux", a confirmé Clotilde Delbos, mettant en avant l’incertitude "autour de l’appétence des clients pour ces technologies" électriques et hybrides. En 2019, Renault a vendu 62 400 voitures électriques dans le monde, soit une progression de 23,5%. A côté de la citadine Zoé, l’autre modèle emblématique de Renault, l’utilitaire Kangoo ZE, a représenté un peu plus de 10 000 ventes. Mais la concurrence s’intensifie sur ces nouvelles technologies. Sur les segments où il est présent, Renault doit faire face à l’arrivée des modèles concurrents des groupes PSA, Volkswagen ou Honda.



