Quasiment remise de la crise Covid, la filière aéronautique tricolore a repris de la hauteur. L’an passé, son chiffre d’affaires a atteint 77,9 milliards d’euros (+ 10 %), soit davantage qu'en 2019 (74,3 milliards), d’après les données fournies par le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) début mai.
Une performance économique à nuancer en raison de l’inflation de plus de 15 % ces cinq dernières années. Celle-ci masque un rattrapage industriel qui n’est, quant à lui, pas encore effectué. Le volume des commandes s’élève à 74,8 milliards d’euros (+ 5 %), mais celui des livraisons reste en deçà de la période avant la pandémie. Si la filière reprend de la hauteur, des nuages s’amoncellent.
En premier lieu l’augmentation des droits de douane américains, qui perturbent la logistique et les livraisons et promettent une hausse des prix dont se seraient bien passés les industriels. En outre, le patron du Gifas, Guillaume Faury, par ailleurs à la tête d’Airbus, a alerté sur l’excès de fiscalité en France et de réglementation en Europe. «Quand on a une poule aux œufs d’or, on ne la rend pas malade», a-t-il lâché.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n°3743 - Juin 2025



