C’est avec un peu de « perplexité » sinon de « surprise » qu’Emmanuel Guichard suit les annonces du gouvernement relatives au projet de loi Climat. Pour le délégué général d’Elipso, l’organisation professionnelle des fabricants d'emballages en plastique rigides et souples, la confusion actuelle tient sans doute à la collision entre la loi dite Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) et la prise en compte des mesures proposées par la Convention citoyenne pour le climat (CCC). Résultat ? « La publication du décret 3R a pris beaucoup de retard. Comme la consultation publique n’est pas encore ouverte, contrairement à ce que prévoyait le calendrier initial, nous n’aurons rien avant plusieurs mois. Mais nos industriels ont vraiment besoin d’une feuille de route claire pour préparer l’avenir. Surtout dans le contexte économique actuel », s’inquiète Emmanuel Guichard. Même incertitude du côté des gobelets à usage unique : mais en carton, en plastique ou réutilisable, le confinement a mis cet emballage à l’arrêt. Une double peine ? Pour compliquer encore le tout, il faut ajouter les mesures de la directive européenne sur les plastiques à usage unique (Sup) et la mise à jour de la directive 94/62/CE sur les emballages et les déchets d’emballages.
Objectifs ambitieux
En encadrant la réduction, le réemploi et le recyclage (3R) avec des objectifs ambitieux, les décrets en préparation recoupent clairement plusieurs mesures de la CCC. Or, en mettant en avant la généralisation de la consigne des seuls emballages en verre en 2025, le gouvernement ne s’exprime pas sur le plastique qui est tout autant concerné par les trois thématiques. Plastique qui est au cœur de la loi Agec portée par Brune Poirson alors qu’elle était secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire. En première ligne avec les conventionnels de la CCC sur fond de tensions et de crispations, Emmanuel Macron avait d’ailleurs indiqué l’objectif de 100% de plastiques recyclés lors de sa campagne. Une réunion est prévue lundi entre plusieurs membres de la CCC et le président de la République. Le réalisateur Cyril Dion, directement interpellé, et Emmanuel Macron pourront sans doute s’expliquer de vives voix plutôt que par médias interposés…



