Recyclage chimique des plastiques : comment passer à la vitesse supérieure

Le cabinet E-Cube Strategy Consultants dévoile ce 18 mars 2025, à l’occasion de la Journée mondiale du recyclage, un rapport sur les conditions de développement des différentes technologies de recyclage chimique des polymères. Une équation complexe aux multiples variables.
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Recyclage chimique par pyrolyse
La pyrolyse des polyoléfines constitue la filière de recyclage chimique qui bénéficie de la demande la plus soutenue.

“La complexe équation du recyclage des plastiques : un impératif écologique et sociétal face au défi du passage à l’échelle”. À l’occasion, ce 18 mars 2025, de la journée mondiale du recyclage, le cabinet E-Cube Strategy Consultants dévoile une étude inédite qui pose les enjeux et dégage les principaux facteurs clés de réussite pour une véritable montée en puissance du recyclage chimique des polymères. 

Face à un taux de recyclage des plastiques très faible au niveau mondial tournant autour de 10 %, “le recyclage chimique, en complément des approches mécaniques traditionnelles, offre une réponse prometteuse pour les plastiques complexes ou exigeant une qualité équivalente au matériau vierge”, souligne l’avant-propos du rapport.

Poussés par la réglementation et tout particulièrement par les mesures d’obligation d’incorporation de recyclé dans les produits, des marchés émergent aujourd’hui pour ces différentes technologies.

Des marchés déjà porteurs 

La filière de la pyrolyse des polyoléfines est celle qui bénéficie de la demande la plus soutenue. Une solution, note le rapport, “particulièrement attractive pour les grands groupes pétrochimiques car elle permet une continuité d’usage pour leurs infrastructures de production actuelles”. Avec des volumes en jeu “significatifs” et un marché en “sous-capacité”. Celui “induit par la réglementation européenne est estimé entre 0,8 et 1,5 Mt d’huile de pyrolyse d’ici à 2030 et pourrait atteindre 1,8 à 4,3 Mt d’ici à 2040”, pointe ainsi l’étude d’E-Cube. 

Autre marché porteur : celui du recyclage des PET hors bouteilles, textiles en tête. Un secteur où engagements volontaires d’incorporation, anticipation de futures réglementations, concurrence d’approvisionnement avec celui de l’emballage et incompatibilité technique avec le recyclage mécanique traditionnel, conduisent à la solution en boucle fermée faisant appel au recyclage avancé. 

Des défis majeurs subsistent

Des modèles économiques rentables pourraient en outre émerger pour d’autres applications à moyen terme : “le traitement des PVC, dont la présence de chlore complique considérablement le recyclage mécanique, ainsi que celui des polyuréthanes, souvent utilisés dans des applications complexes comme les mousses ou les revêtements”, précisent les auteurs du rapport. 

De nombreux défis majeurs subsistent cependant. Et comme toujours, l’argent est le nerf de la guerre, avec des besoins de financements estimés, a minima, entre 10 et 15 milliards d’euros d’ici à 2030 par Plastics Europe. Une équation complexe, comme l’annonce le titre du rapport, où de multiples variables entrent en jeu : disponibilité des intrants et sécurisation des débouchés, optimisation des coûts de production, solutions de financement, bilan environnemental suscitant encore des interrogations ou encore visibilité réglementaire quant aux conditions fixées par les futures “clauses miroirs” (permettant d’imposer les mêmes contraintes environnementales aux produits importés) prévues pour 2026 par le règlement PPWR ou la méthode de calcul du rendement de la pyrolyse dans le cadre du principe de “Mass Balance”. 

Le rapport “La complexe équation du recyclage des plastiques : un impératif écologique et sociétal face au défi du passage à l’échelle”.

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