La SNCF s’est lancée dans un vaste programme de rénovation de 40% de ses rames TER. L'opération mi-vie appelée Opter permet aux trains de poursuivre leur activité pendant une vingtaine d’années, mais nécessite de faire tourner à plein régime les Technicentres. «Avant, on se cachait un peu, mais aujourd’hui avec Back Market nous pouvons le mettre en avant, plaisantait Christophe Fanichet, patron de SNCF Voyageurs, lors de la présentation de la modernisation du centre logistique Geodis à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne). L’opération Opter représente 9 millions d’heures de travail dans les Technicentres pour 2,1 milliards d’euros de contrats passés avec les régions. Au total, 931 rames de TER doivent être rénovées au cours des dix prochaines années.
Passer de cinq jours à 24 heures pour livrer les pièces
À Moissy-Cramayel, c’est dans un entrepôt de 60000 m2 et 85000 références que la nouvelle stratégie logistique de la SNCF se joue. L’objectif est de livrer les pièces des trains pour le dépannage ou une opération de rajeunissement en 24 heures au lieu de 5 jours. Totalement dédié à la logistique de la direction du Matériel de la SNCF, le site a entrepris une cure de jouvence de trois années. De nouvelles solutions ont ainsi été mises en place pour améliorer sa capacité de stockage, sa réactivité et son taux de service vers une centaine de points de livraison, dont 35 Technicentres de l'entreprise publique.
Yann Audic Le stockage traditionnel est encore largement utilisé pour les pièces plus importantes.
D'un montant total de 8 millions d’euros, la modernisation du site comprend l'installation de l’Autostore, une solution robotisée de stockage. Développé par Dematic, ce système a permis de réduire de 6000 mètres carrés la surface de stockage pour les petites pièces. Pas question de réduire le stock qui va augmenter au contraire de 20% dans les deux prochaines années. «Le zéro stock, c’est bien fini», explique Xavier Ouin, directeur industriel SNCF Voyageurs et directeur du matériel, après les ruptures dans la chaîne d’approvisionnement qui ont suivi la pandémie. Ce choix s'explique par deux tendances. D'une part le développement de l’économie circulaire avec le reconditionnement de pièces usagées et d'autre part l'arrivée de nouvelles références avec la mise en service du TGV-M en 2025.
14 robots pour déplacer les 64000 bacs
L’Autostore est équipé de 14 robots qui circulent dans tous les sens pour stocker et prélever les 64000 bacs. Il comprend 10 postes de préparation et de mise en stock au niveau du sol. Il traite 400 bacs par heure en préparation et 75 bacs en pour la mise en stockage. Aujourd’hui, 2100 lignes de commandes sortent du stockage robotisé et 160000 pièces sont expédiées en moyenne. Le poids des bacs (60x40x30 cm) est limité à 30 kg et le poids unitaire ne doit pas dépasser 17 kg. En cas de panne d'électricité, les robots ont une autonomie de sept heures pour assurer le plan de continuité de l’activité.
Mais plus que les machines, c’est toute la plate-forme qui a été repensée et numérisée pour améliorer l’ergonomie à destination des 180 salariés du site. L’utilisation de Scan Cube permet de photographier toutes les nouvelles pièces et de les rentrer dans la base de données. Le but est de savoir si elles vont dans l’Autostore ou dans une autre zone. Ces données sont utilisées entre autres pour l’analyse prédictive et faciliter la prise de décision. Un flashage systématique des palettes, lors du déchargement, permet d’identifier un article en rupture et donc de le réceptionner en priorité pour réduire le temps d’expédition. Aujourd’hui, 80% des références sont ainsi disponibles 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.



