Rafaut poursuit sa mutation en champion européen de l’aéronautique et se rebaptise Aresia

Après une série d’acquisitions, Rafaut change de nom pour devenir Aresia. Pour cette PME qui fournit Dassault et Airbus, l’objectif est de renforcer sa cohésion dans l'optique de devenir champion à l’échelle européenne.

Réservé aux abonnés
Rafaut mecanique
Fournisseur aussi bien du Rafale de Dassault que de l’Airbus A320, Rafaut se rebaptise Aresia.

D’un côté, Ares, le dieu de la guerre dans la mythologie grecque, et de l’autre, aria, désignant un air de musique mais aussi aura, une petite brise. Le tout forme « Aresia », synthétisant la dualité entre le militaire et le civil dont Rafaut veut faire sa force : c’est le nouveau nom, dévoilé lundi 16 mai, que s’est choisi cette PME de l’aéronautique, assorti d’un logo flambant neuf. Pour ce sous-traitant stratégique qui fournit aussi bien le Rafale de Dassault que l’Airbus A320, ce changement d’identité est tout sauf anecdotique. Il révèle la nécessité pour l’industriel de maintenir une cohésion interne après avoir multiplié les acquisitions.

« Ce changement de nom constitue la deuxième phase de notre transformation, résume Nicolas Orance, directeur général d’Aresia. Après la série d’acquisitions que nous avons effectuée, il est important de prendre le temps de définir une culture commune. » L’industriel – basé à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) – est spécialisé dans les systèmes d’emports, de délestage et d’équipements électroniques embarqués. Il a rassemblé pour l’occasion la quasi-totalité de ses équipes à l’Académie de l’Air et de l’Espace, au Bourget (Seine-Saint-Denis).

Rafaut veut consolider ses acquis

Pour Aresia, qui a fait appel à l’agence de design de marque Saguez & Partners pour créer sa nouvelle identité visuelle, l’objectif est d’éviter l’écueil dans lequel était tombé Zodiac avant son absorption par Safran. A savoir : résumer la construction d’un groupe industriel à une juxtaposition effrénée de PME. L'entreprise veut éviter de céder à la précipitation et se donner le temps de digérer l'arrivée de nouvelles équipes.

Pour rappel, le groupe a procédé à une kyrielle de rachats ces dernières années. De quoi donner un coup de fouet à la PME familiale, sous l’impulsion de son nouvel actionnaire majoritaire, le fonds d’investissements HLD arrivé en 2018. Rafaut a ainsi acquis AEds (réservoirs largables) en 2019, Secapem (systèmes d’entrainement pour pilote) en 2020, Lace (délesteurs multi-rôles pour le segment des hélicoptères) en 2021, puis Alkan (systèmes d'emport et d'éjection) cette même année. Aresia possède aujourd’hui une douzaine de sites en France.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Une pause dans la stratégie d'acquisitions

Résultat de cette série d’opérations : entre 2018 et 2021, le chiffre d’affaires d’Aresia est passé de 50 millions à 160 millions d’euros. Sur la même période, les effectifs sont passés de 200 à 640 collaborateurs. Et les ambitions du sous-traitant ne s’arrêtent pas là, qui vise un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros en 2025. Sur le modèle de Dassault, Aresia mise à la fois sur le civil et la défense : ses ambitions de croissance devront être portées à la fois par les augmentations de cadences dans le civil, en particulier avec l’A320, et le développement de grands programmes européens dans la défense, notamment le système de combat aérien du futur (SCAF).

« La construction d’une entreprise de taille intermédiaire, comme nous avons l’ambition de le devenir, nécessite aussi des phases de stabilisation, précise Nicolas Orance. Nous devons aujourd’hui nous assurer de l’implication de toutes les équipes pour les embarquer dans les grands projets aéronautiques. » Et le dirigeant de préciser que la stratégie d’acquisitions devrait marquée une pause cette année et être relancée – sauf surprise – l’année prochaine, avec sans doute une intérêt pour le civil afin de contrebalancer les dernières opérations. Si Aresia prend le temps de souffler, cela ne l’empêche de poursuivre son plan de modernisation de plusieurs sites industriels.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.