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[Exclusif] Avec le rachat de Secapem, Rafaut entame une phase active d’acquisitions

L’équipementier aéronautique Rafaut vient d’acquérir Secapem, spécialisé dans les systèmes d‘entraînement des forces armées. Le groupe affiche de fortes ambitions en termes d’acquisitions.

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Groupe Rafaut, production de pylônes pour les Rafale à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) - Juin 2020
Avec son modèle dual, civil et militaire, Rafaut fait montre de résilience. La preuve: il vient d'acheter Secapem.

Rafaut entame l’année 2021 en fanfare. Alors que le secteur aéronautique est frappé de plein fouet par la crise, l’équipementier positionné à la fois sur le civil et le militaire passe à l’offensive. Le groupe de 420 salariés vient d’acquérir Secapem, une PME innovante spécialisée dans les systèmes d’entrainement aux armées.

L’information doit être officialisée mercredi 13 janvier mais le montant de l'opération est resté confidentiel. "Avec cette opération, le chiffre d’affaires de Rafaut, un peu au-dessus de 90 millions d’euros, va s’approcher des 100 millions d’euros", précise toutefois Nicolas Orance, directeur général du groupe depuis le mois de juillet 2020.

Le message du nouveau dirigeant est clair : dans la tempête que traverse le secteur, Rafaut se pose en consolidateur. "Nous passons à l’offensive, résume Nicolas Orance. Rafaut entre dans une phase plus active d’acquisitions pour répondre aux enjeux de taille critique, en ayant toujours à l’esprit de maintenir la complémentarité entre le civil et la défense." C’est l’un des points forts de l’entreprise : son chiffre d’affaires est réparti à 50/50 entre le civil et le militaire, expliquant en bonne partie sa résilience. Objectif : atteindre un chiffre d’affaires de 250 millions d’ici six ans.

Avec Secapem, Rafaut élargit un peu plus son champ d’action. Dans le domaine de la défense, Rafaut est avant tout spécialisé dans les équipements d’emport, les charges et munitions, ainsi que les réservoirs de carburant externes. Avec Secapem, l’ETI acquiert des activités liées aux systèmes d’entraînement au tir réel et des solutions de scoring hautes technologies pour les forces armées. L’opération concerne aussi Lun’tech, filiale de Secapem depuis 2013, qui propose des solutions complémentaires pour l’entrainement aux tirs guidés par radar.

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Montée en puissance

Cette acquisition illustre le besoin des entreprises de l’aéronautique, d’autant plus pressant en temps de crise, d’atteindre une certaine taille critique pour espérer gagner en compétitivité face aux concurrents étrangers. Une consolidation qui peine à se traduire dans les faits, les groupes familiaux étant souvent peu enclins à lâcher les commandes. L’opération menée par Rafaut a été portée par les actionnaires du groupe, aux commandes de cette PME familiale depuis sa vente en 2018 par Jacques Rafaut. A savoir : HLD, majoritaire, mais aussi ACE, Etoile Capital et BNPPDév. Des acteurs aux manettes au moment de l’acquisition, début 2019, d’AEds, spécialisé dans les sous-ensembles mécaniques. Une opération qui avait permis à l’entreprise de doubler de taille.

Si Rafaut mise gros sur la croissance externe, le groupe n’en oublie pas la nécessité de moderniser son outil de production. Il avait inauguré sa nouvelle usine 4.0 à Rouvignies, près de Valenciennes (Nord), en novembre 2019. Installée sur un site de 11 000 m², elle avait nécessité un investissement de près de 23 millions d’euros. Une usine ultra moderne qui permet notamment à Rafaut de renforcer son activité dans la fabrication critique des corps de bombes. Entre acquisition et digitalisation, Rafaut joue des deux tableaux pour devenir un acteur majeur à l’échelle européenne.

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