La dynamique ascensionnelle de Rafaut ne se dément pas. Alors que l'entreprise française, sous-traitant du Rafale et spécialisée dans les systèmes d’emports et d’éjection, multiplie les acquisitions depuis l’arrivée en 2018 de son nouvel actionnaire majoritaire, le fonds HLD, elle pourrait bientôt mettre la main sur son concurrent tricolore Alkan.
HLD a fait savoir, lundi 19 avril, qu’il était entré en négociations exclusives auprès des fonds IDI et Groupe Chevrillon, principaux actionnaires d’Alkan depuis 2017. But de l’opération : créer un champion européen de la défense capable de prétendre aux grands programmes.
"Nous nous positionnons pour faire partie du futur système de combat aérien du futur, le SCAF", lance d’emblée Nicolas Orance, directeur général de Rafaut depuis l’été 2020 et parmi les artisans du nouvel élan du groupe. Alors que l’entreprise basée à Villeneuve la Garenne (Hauts-de-Seine) n’est tournée qu’à 20% vers l’export, le rapprochement avec Alkan va lui donner des ailes. Gripen suédois, mais aussi Black Hawk et Bell 407 américains, C295 espagnol… Alkan est un tremplin vers l’international et va fournir à Rafaut le moyen de ses ambitions européennes mais aussi mondiales, en particulier américaines.
Une ETI en position d'attaque

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Quel sera le poids de cette nouvelle entité ? L’ETI qui pourrait voir le jour dès le mois de mai pèserait quelque 150 millions d’euros, dans la mesure où le chiffre d’affaires d’Alkan s’élève à près de 50 millions d’euros. En termes d’effectifs, le nouveau groupe emploiera près de 650 personnes. En près de six mois, Rafaut est donc en passe de quasiment doubler de taille. En septembre 2020, son chiffre d’affaires s’élevait à environ 85 million d’euros, pour 350 salariés… Quel est l’impact social à en attendre ? "Il n’y aura que du positif, assure Nicolas Orance. Nous allons devenir un acteur plus résistant et plus à même de trouver de nouveaux marchés."
Et si Rafaut affiche de grandes ambitions dans la défense, le civil ne sera pas mis de côté pour autant. Aujourd’hui, il représente environ 50% de son chiffre d’affaires, via divers équipements (fixations, plafonniers, tablettes…). Avec l’acquisition d’Alkan, entreprise créée en 1923, le chiffre d’affaires de Rafaut sera aux deux tiers tourné vers la défense et un tiers vers le civil. Un ratio qui pourrait évoluer avec de prochaines acquisitions dans le civil.
Un portefeuille plus large
"L’objectif stratégique est à la fois d’atteindre une taille critique significative mais aussi d’offrir un panel plus large de solutions", précise Nicolas Orance. Après l’acquisition en 2019 d’AEds (réservoirs largables), celle de Secapem en 2020 (systèmes d’entrainement pour pilotes), et de Lace en 2021 (délesteurs multirôles pour le segment des hélicoptères), Rafaut conforte avec Alkan son expertise dans les équipements destinés à faire la liaison entre l'avion et les emports, déclencheurs et éjecteurs.
Alors que les autres actionnaires de Rafaut (Ace Capital Partners, Etoile Capital et BNP Développement) accompagnent également l'augmentation de capital pour financer l'opération, le rapprochement avec Alkan s’explique par la nécessité pour les plus petites entreprises de se consolider pour rester dans la course. Pour rappel, Alkan avait lui-même mis la main sur Seca (équipements informatiques, électronique et électromécaniques) en 2018, puis d’Aéroprécis en 2020, dans l’usinage de pièces mécanique de haute précision.



