Après l’excellent millésime 2022, l’année 2023 n’aura pas été un grand cru pour Dassault Aviation. L’avionneur a dévoilé, vendredi 12 janvier, des prises commandes et des livraisons pour l’année 2023 en retrait par rapport à l’année précédente. Un bilan industriel en demi-teinte directement imputable aux nombreuses tensions au sein de la chaîne de fournisseurs du secteur aéronautique depuis la crise sanitaire, accentuées par l’environnement inflationniste et la pénurie de main d’œuvre.
L’an dernier, Dassault Aviation a livré seulement 13 Rafale, dont 2 pour l’export, contre un objectif de 15 appareils. En 2022, le groupe était parvenu à assurer 14 livraisons. Au regard des années récentes, ce niveau est assez faible, Dassault ayant livré en 2021 et en 2019 respectivement 25 et 26 Rafale. «Il est vrai que l’on observe certains retards sur les livraisons de Rafale», reconnaissait en décembre dernier Eric Trappier, le PDG de l’avionneur, à l’occasion d’une rencontre avec l’association des journalistes de défense (AJD).
Les ventes de Falcon en baisse
Dans le civil, la contre-performance industrielle est encore plus marquée. En 2023, Dassault Aviation a livré 26 Falcon alors que le groupe prévoyait un total de 35 livraisons. Là aussi, ce chiffre est en deçà du niveau des années précédentes : l’avionneur avait livré 40 Falcon en 2019, 34 en 2020, 30 en 2021 et 32 en 2022. Outre les difficultés de la chaîne d’approvisionnement, l’industriel fait valoir que son dernier-né, le Falcon 6X n’est entré en service qu’en fin d’année 2023 alors même qu’il avait été certifié fin août. Un décalage de quelques mois dû «à l’application d’améliorations post certification», précise Dassault dans un communiqué.
Au niveau des commandes, le soufflé est très nettement retombé par rapport à 2022 mais le bilan commercial reste malgré tout assez élevé par rapport aux années précédentes. Dassault Aviation a engrangé 60 commandes de Rafale en 2023, dont 42 pour la France de la part de la direction générale de l'armement (DGA) en décembre dernier et 18 pour l’Indonésie. Si le groupe affichait l’année d’avant pas moins de 92 commandes de Rafale au compteur, en particulier la méga commande de 80 appareils de la part des Émirats Arabes Unis, il n’avait en revanche vendu que 49 appareils en 2021 et aucun en 2020.

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Un carnet de commandes de Rafale historique
Pour autant, Dassault Aviation a la satisfaction d’afficher le carnet commandes le plus élevé de son histoire pour son activité de défense : il a atteint en 2020 les 211 exemplaires, contre 164 en 2022. Un panier plein à ras-bord, comprenant 70 Rafale pour la France et 141 pour l’export, dont 80 pour les Emirats Arabes Unis. Des chiffres qui ne prennent pas en compte la commande de 18 Rafale supplémentaires de la part de l’Indonésie, puisqu’elle est entrée en vigueur le 8 janvier dernier. Une accumulation qui pousse l’avionneur à devoir augmenter ses cadences de production, qui vont passer de 2 avions par mois aujourd’hui à 3 d’ici un an. D’autant que d’autres commandes pointent à l’horizon, telle que celle de l’Inde et de l’Arabie Saoudite.
Pour la famille des Falcon, la baisse des commandes est plus brutale : 23 Falcon ont été commandés en 2023, contre 64 en 2022. Un résultat décevant alors que l’aviation d’affaires semblait repartir pour une croissance durable. Le groupe a engrangé 40 commandes de jets d’affaires en 2019, 15 en 2020 au plus fort de la pandémie, puis 51 en 2021. Ce marché est directement frappé par la décélération économique qui touche de nombreux pays, sur fond d’inflation. Mais là encore, le carnet de commandes est confortable, avec 84 Falcon à livrer, contre 87 en 2022.



