C’est un acteur de l’énergie encore discret mais bien décidé à s'implanter dans le paysage ultra-concurrentiel du stockage d’électricité. Le fabricant chinois de batteries lithium-ion REPT Battero Energy souhaite s’internationaliser et fait ses premiers pas sur le vieux continent.
Présent lors du salon de l’automobile à Munich au début du mois de septembre, il y a annoncé l’ouverture de son QG européen. Une manière d’énoncer clairement ses ambitions dans la région. Inconnue au bataillon dans l’Hexagone, la jeune entreprise fondée en 2017 dispose d’un solide atout dans sa manche pour s’imposer comme un acteur majeur de la mobilité électrique : elle est une filiale du conglomérat chinois Tsingshan.
Géant reconnu du ferronickel pour l’industrie de l’inox, dont il est le plus grand producteur mondial, le groupe Tsingshan a été fondé en 1992. Voyant dans le segment des batteries un marché prometteur, il accélère depuis quelques années dans le nickel de qualité de batterie.
Pour répondre à la demande, le groupe construit des usines dites «HPAL» (High pressure acid leaching). Il a aussi fait part de sa volonté de transformer la fonte de nickel (NPI), métal basse teneur extrait et raffiné en Indonésie jusqu’à présent réservé à l’industrie de l’inox, en composé sulfuré à plus haute valeur ajoutée : le matte de nickel, qui serait capable d’être utilisé dans la chaîne de valeur des batteries.

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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Le secteur automobile en ligne de mire
Pour pénétrer le marché automobile, REPT s’est spécialisée dans les batteries lithium-ion de haute performance de type LFP (lithium fer phosphate). Ce type d’alliage a le vent en poupe : moins denses en énergie, les batteries LFP offrent une plus faible autonomie mais permettent des voitures plus abordables en concession. D’un point de vue technologique, REPT se dit capable de rivaliser avec des géants du secteur, tels CATL ou LG. REPT compte sur le savoir-faire de sa maison-mère pour verticaliser son opération au maximum et grandir.
«Nous prévoyons de capitaliser sur les ressources stratégiques uniques du groupe Tsingshan, notre actionnaire de contrôle, en amont de la chaîne de valeur de l'industrie, qui couvre l'extraction et le raffinage du nickel, du lithium et du cobalt, la production de matériaux cathodiques, de matériaux anodiques, de séparateurs et d'électrolytes, afin de mettre en place un système de chaîne d'approvisionnement stable et d'augmenter activement nos marges de profit», écrit REPT dans un prospectus rédigé pour les besoins de son introduction en Bourse, actuellement en gestation sur le Hong Kong Stock Exchange.
REPT Capture d'écran d'un document de présentation de l'entreprise REPT, dans lequel sont listés de nombreux clients parmi lesquels Stellantis et Volvo dans l'automobile ou encore EDF Renouvelable dans les systèmes de stockage d'énergie. © REPT
Les affaires tournent pour REPT : si la société n’est pas encore rentable, elle compte déjà plusieurs dizaines de clients. Elle est active à la fois dans le secteur des systèmes de stockage d’énergie à grande échelle et dans le domaine automobile. Dans ce second marché, la grande majorité de ses clients sont pour l’heure chinois (Leapmotor, Zeekr, Geely Auto, SAIC) mais REPT étoffe son portefeuille clientèle autour du globe : Nissan, Volvo (la nouvelle EX-30), Stellantis (Citroën Ami) ou encore Smart (les nouveaux modèles #1 et #3). Sans dévoiler leurs noms, REPT dit également travailler pour une société de véhicules de luxe allemande et un constructeur américain de véhicules électriques côté au Nasdaq.
Bientôt un site de production en France ?
REPT dispose aujourd’hui de quatre sites de fabrication en Chine et revendique une capacité de production de 35,2 GWh. Dès 2025, l’entreprise souhaite dépasser une capacité totale de production de batteries de 150 GWh. Un nombre ambitieux. «Mais c’est normal en Chine ! C’est un grand marché, et il y a une grande demande en batteries», réagit dans un français impeccable Diana Cheng, directrice générale du groupe en Europe. Pour devenir un acteur mondial, il est primordial pour REPT de prendre pied sur divers continents. «Nous prévoyons d'établir des installations de production dans des régions telles que l'Europe, l'Asie du Sud-Est et l'Amérique du Sud», explique l’entreprise. En Europe, nous avons l'intention de mettre en place des installations de production de packs de batteries à court terme et de cellules de batteries à plus long terme».
Plus précisément, REPT affirme qu’elle pourrait installer sa première usine européenne en France, à proximité de Dunkerque. L’Usine Nouvelle a confirmé auprès d'une source proche du dossier qu'une visite en présence des autorités locales a bien eu lieu, mais que des «discussions avancées» n'ont pas été entamées. REPT affirme considérer la France «comme une priorité», mais ne se ferme toutefois pas de portes et regarde vers l’Espagne, l’Allemagne mais également le Maroc, où son client Stellantis est en train de doubler ses capacités de production à Kénitra.
Avec Nathan Mann



