Les premiers lots de vaccin sont déjà arrivés dans les hôpitaux britanniques. Ce mardi 8 décembre c’est le "V day" (vaccination day) comme l’a dénommé Matt Hancock, le ministre de la Santé de Boris Johnson, en référence au "D day" du débarquement de 1944. C’est ce jour que débutent les premières injections du vaccin contre le Covid-19.
Le Royaume-Uni est le premier pays occidental à avoir donné une autorisation de vaccination en population générale dans une procédure d’urgence que n’ont adoptée encore ni les Etats-Unis, ni l’Europe. Le gouvernement a mis au point une stratégie de ciblage de la vaccination car si le "V day" est lancé, il faudra faire débarquer de nombreux bataillons pour assurer la victoire. Le cœur de la stratégie britannique est basé sur une priorisation en fonction du risque d’affections très graves et de décès.
La stratégie décline des vagues de vaccination par classe d’âge, considérant que c’est la première variable du taux de mortalité pour les personnes en bonne santé comme pour ceux qui se trouvent déjà dans une situation dégradée. "Ceux qui ont plus de 65 ans présentent de loin le plus grand risque et ce risque augmente avec l’âge", affirme le MHRA, l’agence de santé britannique. Le personnel de santé qui s’occupe des plus âgés est traité avec eux. La phase 1 du programme de vaccination ne s’adresse donc pas à l’ensemble du personnel de santé mais vise la protection immédiate de ceux qui pourraient venir déborder les hôpitaux et leurs soignants.
NEUF groupes prioritaires
A ce principe d’âge, le MHRA en a ajouté un autre : les conditions de vie puisque l’expérience a montré que les résidents d’établissements collectifs pour personnes âgées ont été disproportionnellement affectés par les premières vagues. Le ministère de la Santé a ainsi décliné 9 groupes auxquels délivrer le vaccin avec un ordre de priorité. Le groupe numéro 1 est constitué par les résidents des maisons de retraite et leurs personnels soignants.
La Queen Elisabeth ne sera donc pas vaccinée la première malgré ses 94 ans... puisqu’elle vit dans les spacieux espaces de Buckingham Palace ou du château de Balmoral. La reine fait partie du groupe numéro 2, qui comprend les personnes de plus de 80 ans et les personnels de soin de première ligne (pour éviter les transmissions).
Suivent,
le groupe N°3 : les plus de 75 ans,
le groupe N°4 : les plus de 70 ans vulnérables,
le groupe N°5 : les plus de 65 ans,
le groupe N°6 : tous ceux entre 16 et 64 ans avec des risques médicaux associés,
le groupe N°7 : les plus de 60 ans,
le groupe N°8 : les plus de 55 ans,
le groupe N°9 : les plus de 50 ans.
L’agence de Santé estime que l’ensemble de ces groupes représentent 99 % de mortalité évitable au Codid-19. Le comité qui a conseillé cette stratégie basé sur l’âge explique qu’il faut toutefois se laisser une certaine flexibilité en fonction des conditions de stockage du vaccin, de la disponibilité de vaccins approuvés en fonction des cohortes d’âges, de circonstances exceptionnelles, etc…
50 hôpitaux pour les premières injections
Une vision pragmatique qui se vérifie déjà puisqu’il faut quelques jours pour préparer les lots qui seront envoyés dans les maisons de retraites médicalisées. Selon le journal The Guardian, les premières vaccinations réalisées lors de ce premier jour dans 50 hôpitaux cibleront des plus de 80 ans qui sont déjà à l’hôpital ou qui ont des rendez-vous en ambulatoire. Les maisons de retraites sont invitées à transmettre les listes de leurs soignants pour caler des rendez-vous puisque eux peuvent se déplacer dans ces hôpitaux.
Le Royaume-Uni comptait 14 700 cas et 189 décès dus au Covid-19 lundi 7 décembre. C’est le pays européen qui compte le plus de décès depuis le début de l’épidémie, plus de 61 000. Mais la situation de l’Italie est en ce moment la plus dramatique avec 528 décès dans les dernières 24 heures.



