Les montagnes d’investissement dans la voiture électrique ont tendance à éclipser les travaux sur la conduite autonome. Et pourtant les constructeurs automobiles n’ont pas complètement renoncé. Jeudi 17 novembre, Stellantis a annoncé l’acquisition d’aiMotive, une start-up hongroise spécialisée dans l’intelligence artificielle, les systèmes d’aide à la conduite et la voiture autonome.
Les montants financiers de l’accord n’ont pas été dévoilés. De son côté, aiMotive revendique un chiffre d’affaires situé entre 1 et 10 millions d’euros. Fondée en 2015, la jeune pousse compte 200 salariés avec des bureaux en Allemagne, aux États-Unis et au Japon.
Cap sur le niveau 3 d’autonomie
«La technologie d’aiMotive dynamise le développement à moyen terme de STLA AutoDrive, la plateforme technologique de conduite autonome de Stellantis», se réjouit le groupe franco-italien dans un communiqué. Attendue à partir de 2024, la plateforme STLA AutoDrive est développée en partenariat avec le groupe allemand BMW.
La plateforme doit permettre d’effectuer des mises à jour à distance sur le véhicule (ou mises à jour «over the air») et d’offrir des capacités de conduite autonome allant jusqu’au niveau 3. C’est-à-dire que le conducteur pourra lâcher le volant du véhicule dans certaines situations. Les constructeurs accélèrent d’autant plus dans ce domaine que la législation européenne ouvre progressivement la voie à de tels cas d’usage.
aiMotive revendique une technologie peu coûteuse
Alors qu’une guerre des talents fait rage dans les métiers du logiciel, Stellantis veut «élargir son vivier de talents internationaux». Le constructeur, qui tient désormais à se présenter comme une «entreprise automobile technologique», espère réaliser 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires grâce au logiciel en 2030. Cette activité pourrait ainsi représenter 7% de l’activité de l’entreprise contre… moins de 1% aujourd’hui.
La start-up aiMotive dispose justement de solutions pour permettre le déploiement en masse des véhicules autonomes. «Nous avons développé dès le départ un logiciel de conduite automatisée qui peut être immédiatement intégré dans des véhicules pour le marché de masse», fait valoir un porte-parole d'aiMotive à L’Usine Nouvelle. Sur son site, la start-up revendique une plateforme de conduite autonome «légère», compatible avec des puces de faible puissance (moins de 30 watts) et agnostique vis-à-vis des différents systèmes d'exploitation (OS). Des enjeux importants alors que les constructeurs automobiles tentent de contenir le coût des équipements supplémentaires à bord des véhicules autonomes.
Les récents déboires de Tesla sur son système AutoPilot et les tests sur routes ouvertes prouvent que le développement de voitures autonomes représente un chantier complexe. À tel point que de nombreux industriels préfèrent désormais parler de leurs travaux sur les systèmes d’aide à la conduite ou ADAS. La veille de l'annonce du rachat d'aiMotive, les équipes de Stellantis présentaient leurs travaux dans le cadre du projet 5G Open Road. L'occasion pour elle de défendre une approche raisonnée des véhicules connectés. «Nous allons lancer des cas d'usage en fonction de la maturité des technologies pour pouvoir les déployer à des coûts maîtrisés. C'est cela qui en fera le succès», a argumenté El Khamis Kadiri, le responsable innovation véhicule connecté de Stellantis.



