Quels actifs pourrait céder la SNCF pour sortir de la crise ?

Interrogé par Paris Match, le patron de la SNCF Jean-Pierre Farandou estime que la société perd, à cause de la grève, environ 20 millions d'euros par jour. Pour amortir la chute, la cession de certains actifs pourrait être envisagée. L'Usine Nouvelle fait le point sur les filiales qui pourraient être concernées.

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Pour faire face à la crise, la SNCF pourrait se défaire de certains de ses bons élèves.

Après plus d'un mois de grève, on ne peut pas dire que la SNCF se porte comme un charme. Selon les chiffres de son patron Jean-Pierre Farandou, la société perd environ 20 millions d'euros par jour et le cumul pourrait bientôt dépasser les 700 millions d'euros de chiffre d'affaires perdu. Et il est difficile de savoir comment la SNCF pourra sortir la tête de l'eau.

Dans un entretien accordé à Paris Match, Jean-Pierre Farandou ne se montre pas plus optimiste : "Serons-nous capables de redresser le cap ? Pour la marge opérationnelle, ce sera difficile", explique-t-il. Des solutions seraient d'ores et déjà envisagées : "nous pourrions retrouver l’équilibre attendu en maîtrisant la dette, y compris en réalisant des cessions d’actifs". Lesquels ? "C’est encore prématuré, mais nous pouvons revisiter notre portefeuille et voir ce qu’il est possible de céder dans les mois qui viennent", répond-il.

Céder ses bons élèves

Il y a bientôt un an, la grève perlée de 2018 avait duré au total 41 jours et coûté quelques 890 millions d'euros de chiffre d'affaires et 770 millions de marge opérationnelle. Les chiffres 2018 n'avaient pas été catastrophiques car la SNCF s'était délestée d'une filiale immobilière, même si les deux événements n'étaient pas liés. Évaluée à 766 millions d'euros, la cession avait permis une plus-value et un résultat net positif de 141 millions d'euros pour l'année 2018. Pour pallier cette nouvelle crise, la société pourrait être tentée de céder certains de ses bons élèves, au risque de le regretter sur le long terme, car ils représentent une vitrine pour l'entreprise notamment à l'international.

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La première pépite est Keolis, que Jean-Pierre Farandou a dirigé de 2012 à septembre 2019. Cette filiale de la SNCF à 70% a affiché des résultats records pour 2018. Son chiffre d'affaires avait augmenté de 10% à 5,93 milliards d'euros, notamment tiré par une hausse de 13% à l'international. En dix ans, son activité a cru de 60% dans l'Hexagone et a explosé à +490% à l'international.

L'entreprise est en effet sur tous les fronts, partout dans le monde. Elle participe au démarrage du métro automatique de Doha (Qatar), elle a signé en octobre 2018 un contrat au Pays de Galles de 6 milliards d'euros sur quinze ans et elle a gagné entre autres l'exploitation, depuis juillet, d'une flotte de 64 bus dans le Nevada. Elle pourrait même candidater pour certaines lignes de TER à l'ouverture du marché cette année.

L'autre pépite Geodis

L'autre très très bon élève de la SNCF, c'est sa filiale détenue à 100%, Geodis. L'entreprise a affiché en 2018 un chiffre d'affaires de 8,2 milliards d'euros, soit environ un quart de celui de la SNCF, qui se situe autour de 33 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires de Geodis est réparti un peu partout dans le monde, avec une part plus importante en Europe et dans les Amériques.

En voici le détail : 36% en France, 23% en Amérique du Nord et du Sud, 15% en Europe du Nord, de l'Est et centrale, 13% en Europe de l'Ouest, au Moyen-Orient et en Afrique et 13% en Asie. La société compte 165 000 clients dans 120 pays et 830 sites dans 60 pays. Enfin, dans son plan 2019-2023 publié fin 2018, Geodis prévoit une hausse de 20% de son chiffre d'affaires et un doublement de son résultat d'exploitation, à l'époque non communiqué. Une telle cession marquerait une rupture totale avec l'ancien président Guillaume Pepy qui cherchait à renforcer Geodis par d'éventuelles acquisitions.

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