L'exploitation des courants marins pour produire de l'électricité pousse ses pions en France. Le 15 mai dernier, l’énergéticien girondin Qair a annoncé avoir reçu un financement de 20 millions d’euros du Fonds pour l’innovation de l’Union Européenne pour la construction de sa ferme hydrolienne Flowatt de 17 mégawatts, au large des côtes normandes et équipée de la technologie Oceanquest, développée par la grenobloise HydroQuest.
Situé à 3 km du Raz Blanchard (Manche), là où les courants de marée sont parmi les plus rapides au monde, la ferme pilote Flowatt sera composée de 6 hydroliennes à axe vertical Oceanquest plongées à 35 m de profondeur dans la mer. D’autres soutiens, régionaux et via France 2030, sont attendus pour financer la construction et l’exploitation de la ferme. Le démarrage des travaux est prévu pour 2026 et devrait durer deux ans, pour une mise en service attendue en 2028.
Un potentiel de 5 gigawatts en France
« Avec Flowatt, la France dispose d’un projet concret, mature et compétitif pour structurer une filière industrielle de l’hydrolien. Cette subvention européenne confirme la solidité de notre modèle économique et la reconnaissance du potentiel de l’hydrolien pour répondre aux défis énergétiques français et européens », déclare dans un communiqué de presse Guillaume Gréau, directeur du développement à HydroQuest.
Qair souligne par ailleurs dans le même communiqué que l’hydrolien au large des côtes françaises représenterait un potentiel encore inexploité de 5 gigawatts. Dans sa dernière planification pluriannuelle de l’énergie (PPE), publiée en mars dernier, le gouvernement vise 250 MW d’appels d’offres pour l’hydrolien à horizon 2030. A la même période, le projet hydrolien NH1 d’une puissance de 14 MW, situé lui aussi au large des côtes normandes et prévoyant une ferme de 4 hydroliennes, avait reçu 31 millions d’euros du Fonds pour l’innovation de l’Union Européenne.



