Au cœur d’un véritable campus de la recherche maritime à Plouzané (Finistère), regroupant par ailleurs l’institut universitaire européen de la mer, l’institut polaire français Paul-Émile Victor et l’institut Mines-Télécom Atlantique, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) étudie l’éolien offshore flottant sous toutes ses coutures. À l’occasion de l’évènement Floating offshore wind turbines (FOWT) 2025, qui a réuni du 22 au 25 avril à Brest les spécialistes du monde entier de l’éolien offshore flottant, l’Ifremer a ouvert les portes de ses installations de R&D liées au secteur.
Un bassin à houles pour sonder les structures de l’éolien flottant
À quelques encablures seulement des plages bretonnes, l’Ifremer étudie le comportement des structures d’éoliennes offshores flottantes soumises à la houle et au vent. Cela est notamment rendu possible grâce à un bassin à houle de 50 m de long et 20 m de profondeur – le plus profond d’Europe, apprend-on - capable de générer des vagues atteignant 80 cm de hauteur. « Nous avons ici deux activités principales », explique Christophe Maisondieu, chercheur au laboratoire Comportement des structures en mer (LCSM) de l’Ifremer. « La première est l’étude hydrodynamique : nous testons différents modèles de structures innovantes, notamment flottantes et déployables en mer, dans le but de valider des modélisations numériques et d’apporter des données additionnelles ». Des outils de mesures d’écoulement et de visualisation en 3 dimensions du bassin rendent possible ces études. Les structures sont testées à des échelles 1/15e ou 1/10e dans le bassin à houle, avant d’autres tests à échelle réelle dans un autre site de l’Ifremer. La seconde activité mentionnée par le chercheur consiste à développer des solutions d’instrumentalisation océanographique, avant leur déploiement en mer.
Étudier l’usure des matériaux plastiques
Plus loin sur le campus, l’intérêt de l’Ifremer se porte sur l’usure et la durabilité des matériaux, notamment les plastiques, tels que le polyuréthane ou le nylon, composant les lignes de mouillage rattachant les plateformes flottantes au fond marin. « Nous étudions la dégradation des matériaux et sa vitesse, ainsi que la recyclabilité, la biodégradabilité ou la production éventuelle de microplastiques issus de ces matériaux », détaille Peter Davies, responsable du laboratoire Structures, advanced materials and hyperbaric loading (Smash) de l’Ifremer.
Trois études sont actuellement menées au sein du laboratoire. Dans une première salle, l’on accélère – via pressurisations et changement de températures – et étudie le vieillissement de différents matériaux dans des containers remplis d’eau salée. Plus loin, des câblages de nylon sont soumis à des essais mécaniques de fatigue. « Nous testons un fil de corde d’une ligne de mouillage depuis 2 semaines, durant lesquels le fil a subi environ 1,2 million de cycles de tension-relâche dans de l’eau de mer », explique Peter Davies. Enfin, dans une dernière salle, est étudiée depuis très récemment la fin de vie des matériaux plastiques et l’éventuelle production de microplastiques polluants à partir des cordages d’éoliennes flottantes.



