Démarrage du projet Shines pour développer des technologies de production d’énergie hydrolienne

Fruit d’une collaboration de 14 partenaires européens, le projet Shines a officiellement démarré le 13 mars dernier. Ce projet, doté d’un budget total de 10 millions d’euros, vise en 4 ans à développer des solutions innovantes pour produire de l’énergie hydrolienne au large des côtes, en partie françaises, de l’Europe du Nord-Ouest.

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TidalKite
Développée par SeaQurrent, TidalKite entend exploiter les courants marins - même lorsque de faible intensité - avec sa forme rappelant celle d'un cerf-volant.

Le 13 mars dernier à Lille a marqué le début du projet Shines pour la fondation Open-C, le centre d’essais français des énergies marines renouvelables - pilote du projet -, et ses 13 partenaires, venus d’Allemagne, de Belgique, de France, d’Irlande, des Pays-Bas et de Suisse. Cofinancé par l’Union européenne, via le programme Interreg ENO et le Fonds européen de développement régional, à hauteur de 10 millions d’euros, et se clôturant en décembre 2028, le projet Shines a pour ambition de développer des solutions hydroliennes innovantes, démontrées en conditions réelles au larges des côtes françaises et néerlandaises.

« Notre mission, d’ici à la fin du projet Shines, c’est de tester jusqu’à 5 prototypes », résume Bertrand Alessandrini, directeur général de la fondation Open-C. Trois entreprises ont déjà été sélectionnées. Les tests auront notamment lieu sur deux sites d’essais gérés par la fondation, à Paimpol-Bréhat (Bretagne) et au large des côtes bordelaises.

En 2020, la stratégie offshore de la Commission européenne avait fixé à 40 GW la capacité d’énergies marines, hors éoliennes, à atteindre sur les côtes européennes. Pour parvenir à cet objectif ambitieux, quasiment 1000 fois supérieur à la capacité installée en 2023 (43,8 MW) d’après l’association Ocean Energy Europe, il est nécessaire de mieux exploiter l’énergie des courants et fonds marins. « Principalement aujourd’hui, nous exploitons l’énergie des courants liées aux marées », explique Bertrand Alessandrini. « Il y a d’autres types de courants auxquels nous nous intéressons : les courants des fleuves et estuaires ou les grands courants océaniques ».

Trois technologies sélectionnées

Sélectionnée pour participer au projet Shines, la technologie RivGen développée par l’américain ORPC vise par exemple à exploiter la puissance des courants fluviaux pour produire de l’électricité. Semblable à un catamaran, RivGen est immergé dans l’eau pour produire de l’électricité. L’entreprise américaine testera son prototype le long de la Garonne, dans le but de développer un réseau d’installations de contrôle.

L’entreprise britannique de l’énergie marine Inyanga est également partenaire du projet Shines, et installera à Paimpol-Bréhat sa technologie Hydrowing, un système modulaire de turbines convertissant l’énergie marémotrice en électricité. L'entreprise sera chargée de concevoir, installer et opérer une turbine de 600 kW durant toute la phase de test au sein du site breton.

Enfin, l’entreprise SeaQurrent testera quant à elle grâce au projet Shines une technologie plus innovante, d’après Bertrand Alessandrini. Attaché à un pieu central, le prototype en forme de cerf-volant de l'expert néerlandais des énergies de la mer suit les courants marins à l’image d’un cerf-volant suivant le vent. « L’intérêt majeur de cette technologie est qu’elle permet d’exploiter des courants plus faibles que ceux exploités actuellement par les autres technologies », explique le directeur général de la fondation Open-C.

En parallèle des tests des prototypes, les 14 partenaires du projet Shines seront chargés d'identifier une dizaine de nouveaux sites de production d'énergie hydrolienne au large des côtes du Nord-Ouest de l'Europe. 

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