« Avec Hope, nous changeons d’échelle d’un point de vue industriel. ». Thomas Creach, directeur technique de Lhyfe, se félicite du succès de ce projet de production d'hydrogène offshore annoncé par la start-up le 27 juin : « Ce projet a gagné un appel d’offre européen et obtenu des subventions à hauteur de 20 millions d’euros de la part du Clean Hydrogen Partnership de la Commission Européenne », souligne-t-il. Une étape de plus après la mise en opération d'une première plateforme expérimentale au large de Saint-Nazaire, qui produit de l'hydrogène en mer depuis le 20 juin dernier à partir d'eau de mer dessalée.
Cette production est une première mondiale qui s'inscrit dans la stratégie de Lhyfe de produire de l'hydrogène vert en mer à partir d'électricité éolienne offshore. « C’est en mer qu’on trouve l’énergie la plus abondante, explique en effet Thomas Creach, directeur technique de Lhyfe. Les éoliennes y sont trois à 4 fois plus efficaces qu’à terre, et selon l’Agence internationale de l’énergie, il y a une capacité de production qui dépasse 18 fois la demande en électricité d’aujourd’hui ».
300 kilos d'hydrogène produits par jour AU large de Saint-Nazaire
Lancé en 2021, le projet de Saint-Nazaire a nécessité 16 mois de conception, fabrication et d’intégration des composants sur la plateforme flottante. Cette dernière a été mise à quai en septembre 2022, avant de gagner le large et le site d’essai SEM-REV opéré par l’Ecole Centrale de Nantes/Open-C. « L'intérêt pour nous est que ce site dispose déjà d’une éolienne flottante et d’une infrastructure réseau électrique », précise Thomas Creach. Par ailleurs, le choix d’une barge flottante répondait à un objectif bien précis : « Démontrer que technologiquement nous savions relever toutes les problématiques liées à l’offshore en nous mettant dans les conditions les plus contraignantes, avec une barge soumise à une houle pouvant aller jusqu’à 10 mètre de haut ».
La plateforme a ensuite été raccordée par un câble électrique d’environ 1 kilomètre au hub électrique sous-marin de SEM-REV, pour produire ses premiers kilos d’hydrogène, jusqu'à 400 par jour. « C’est déjà une taille industrielle, note le directeur technique, puisque nous avons des électrolyseurs d’1 MW et c’est donc une première étape dans notre démarche industrielle ».
Le nouveau projet valorisera l'hydrogène
La seconde étape vient d’être lancée, avec le projet HOPE, coordonné par Lhyfe, et mis en œuvre avec 8 partenaires européens. Déployée dans le port d’Ostende, en Belgique, l’installation qui sera opérationnelle en 2026, aura en effet une capacité de 10 MW et pourra produire jusqu’à 4 tonnes d’hydrogène renouvelable par jour.
Elle prendra la forme d’une plateforme auto-élévatrice, un type de plateforme déjà utilisé dans l’industrie pétrolière, et qui a la particularité de pouvoir flotter jusqu’au lieu de son installation, puis de déployer des jambes pour se fixer au sol. Cette fois, l’installation livrera l'hydrogène produit au continent grâce à un pipeline en composite. « Avec ce pipeline, l’objectif est vraiment de pouvoir valoriser cet hydrogène, et de pouvoir montrer notre capacité à assurer des livraisons fiables à nos clients », indique le directeur technique.
Des futures installations de 100 à 500 MW
Mais l'entreprise ne compte pas s’arrêter là. Elle a maintenant en ligne de mire plusieurs appels d'offres qui devraient être lancés à la fin de l’année en Allemagne et aux Pays-Bas, pour des projets de 100 à 500 MW, avec de sérieux arguments pour les remporter. « Nous disposons d’un retour d’expérience unique avec Sealhyfe puis Hope pour démontrer la faisabilité et la fiabilité de telles installations. En parallèle, nous avons réalisé des études pour définir ces concepts de production d’hydrogène à large échelle », raconte Thomas Creach.
Lhyfe a ainsi développé en partenariat avec les chantiers de l’Atlantique des plateformes de production basées sur des modèles de sous-stations électriques pour les champs éoliens off-shore, pour anticiper ces appels d’offres. « Nous attendons donc maintenant l’ouverture de ces appels d’offres et nous sommes prêts à y répondre », conclut le directeur technique.
Une feuille de route parallèle pour la production à terre



