Lhyfe poursuit son essor. La start-up dédiée à la production d'hydrogène d'origine renouvelable a annoncé le 20 mars un partenariat avec le spécialiste britannique de solutions énergétiques Centrica pour développer d'hydrogène renouvelable offshore au Royaume-Uni. « On développe depuis 2017 des technologies pour produire offshore, car le potentiel d’énergie renouvelable est énorme. En mer, il y a plus de place et si les éoliennes sont installées au large, la réticence de la population locale diminue », résume Taia Kronborg, chief business officer chez Lhyfe.
Créé en 2017, Lhyfe est l’un des pionniers mondiaux de la production d’hydrogène renouvelable, déjà présent dans 11 pays. L’entreprise a inauguré en 2021 à Bouin (Vendée) le premier site industriel de production d’hydrogène renouvelable connecté directement à un parc éolien. L’année suivante, sa plateforme Sealhyfe, le premier démonstrateur de production d’hydrogène renouvelable offshore au monde, a été mis en service à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Lhyfe mise sur le déploiement de l’éolien, notamment dans le nord de l’Europe.
Lhyfe et Centrica vont développer l'hydrogène renouvelable offshore au royaume-uni
Avec Centrica, Lhyfe veut intégrer l'électrolyse et le stockage du gaz léger directement en mer, au plus près des éoliennes. Les deux entreprises comptent bien combiner leurs expertises : Lhyfe en matière de production d'hydrogène renouvelable et Centrica en matière de stockage de gaz et d'infrastructure. Pour Taia Kronborg, le Royaume-Uni est pionnier dans le domaine de l’éolien offshore depuis longtemps. « Son potentiel d’énergie offshore va croissant, son réseau public aura bientôt du mal à récupérer toute cette électricité intermittente. Le pays a tout intérêt à transformer cette électricité en hydrogène. »
L’hydrogène peut être stocké, notamment dans des cavernes de sel. Sa production permet de lisser la distribution d’une énergie renouvelable. Pour Taia Kronborg, le stockage de l’hydrogène a un impact également sur les coûts : « transporter l’électricité d’un parc offshore sur terre est très couteux. Transporter cette énergie sous forme d’hydrogène l’est 10 fois moins. » Taia Kronborg imagine que certains parcs offshore ne produiront que de l’hydrogène et que d’autres en produiront mais enverront également une part de l’électricité à terre… « Des décisions stratégiques restent à prendre, on est encore au stade du développement. »
Lhyfe doit encore relever des défis techniques - pour le moment sur sa plateforme Sealhyfe de Saint-Nazaire. Les électrolyseurs, par exemple, ne sont pas aujourd'hui conçus pour bien gérer l’intermittence, être flexibles. En mer, ils devront en outre supporter la corrosion, le mouvement et fonctionner à l’eau salée (le site de Bouin fonctionne déjà à partir d’eau de mer). Mais pour Taia Kronborg, le défi le plus important est l’autonomie des opérations. La plateforme offshore devra fonctionner de façon totalement automatique, sans intervention physique d’un opérateur hormis pour les périodes de maintenance planifiée, optimisées dès la phase de conception : « il faut apprendre à gérer le site à distance, c’est un vrai challenge. »
Lhyfe investit le marché finlandais de l'hydrogène renouvelable, un marché porteur
Le lendemain du partenariat avec Centrica, Lhyfe a annoncé sa prise de participation de 49% au capital de Flexens. L’entreprise finlandaise développe des projets « Power-to-X » (transformation d’électricité en un autre vecteur énergétique tel que l’hydrogène, méthanol, ammoniac…) à partir de sources d'énergies renouvelables, notamment l'éolien terrestre. La Finlande connait une croissance massive de l’éolien, notamment dans le nord du pays, très peu habité. Taia Kronborg est enthousiasmée par cet investissement : « On aura ainsi accès à un portefeuille important de projets de développement de Flexens et au marché finlandais. Un marché de taille car la Finlande souhaite couvrir 10% des besoins en hydrogène de toute l’Europe ». Le pays tirera profit pour cela de la future dorsale hydrogène européenne (European Hydrogen Backbone) qui longera sa frontière avec la Suède.
« Aujourd’hui Lhyfe peut produire 300 kg / jour (1 MW) d'hydrogène renouvelable. On vise 4 t / jour d'ici fin 2023 (11 MW), 55MW en 2024, avant la mise en service de sites de taille bien plus importante pour obtenir plus de 3GW à terre d’ici 2030, conclue Taia Kronborg, la production offshore pourrait représenter 3GW additionnels d'ici 2030. »



