PSA ne connaît pas la crise. Malgré "un environnement extérieur de plus en plus rude", selon son patron, Carlos Tavares, le constructeur a affiché en 2019 un bénéfice net en hausse de 13 % à 3,2 milliards d’euros, ainsi qu’une marge opérationnelle à 8,5 % des ventes.
Un niveau historique, et très élevé pour un fabricant d’automobiles généraliste. L’an passé, PSA a réalisé 74,7 milliards d’euros de chiffres d’affaires, en légère progression malgré la dégringolade de ses ventes de 10 %, à 3,5 millions d’unités. La faute à des contre-performances sur ses principaux débouchés hors d’Europe, qui n’a fait que renforcer l’énorme dépendance de PSA à sa région d’origine (87 % des ventes en 2019). Mais si le groupe parvient à progresser malgré la chute de ses volumes, c’est grâce à son travail sur les "ventes rentables". Le succès des SUV, connus pour offrir des niveaux de marge importants, contribue à cet objectif.
Cette stratégie de "pricing power" a également porté ses fruits en 2019 chez Opel-Vauxhall. En mettant par exemple fin à des ventes tactiques peu rentables, PSA a permis à la division germano-britannique d’afficher une marge opérationnelle de 1,1 milliard d’euros en 2019, à 6,5 % du chiffre d’affaires. En parallèle, le constructeur au lion poursuit sa quête d’économies. Le coût de production par véhicule a été une nouvelle fois réduit de 111 euros en 2019, avec pour objectif un gain de 700 euros par véhicule entre cette date et 2021. PSA peut ainsi se targuer d’afficher un point mort – niveau à partir duquel un constructeur peut espérer dégager des bénéfices – à 1,8 million de voitures, contre 2,6 millions en 2013.
De quoi lui permettre d’envisager sereinement son rapprochement avec Fiat-Chrysler. Portée par "deux groupes en bonne santé financière", cette fusion ne devrait pas engendrer de coûts de restructuration supplémentaires, a insisté Carlos Tavares. "Nous ne fusionnons pas deux groupes en crise. Il n’y a pas besoin de restructuration", a défendu le président du directoire de PSA. Si le groupe français ne cesse d’améliorer ses résultats depuis six ans, la réalité est plus nuancée chez Fiat-Chrysler. En 2019, FCA a vu son chiffre d’affaires reculer légèrement à 108 milliards d’euros, et son bénéfice net chuter à 2,7 milliards d’euros, malgré un redressement en fin d’année.



