Portrait

[Prix de l’ingénieur manager 2022] Bruno Racault, apôtre de la relocalisation

Le président d’All Circuits fait le pari de produire à grands volumes des cartes électroniques sur le territoire français.

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En 2022, Bruno Racault a augmenté de 40% la capacité de production de l’usine All Circuits de Meung-sur-Loire (Loiret).

Dans les années 2000, la production à grands volumes de cartes électroniques est partie en Chine, contraignant les fabricants français à se replier sur les petites et moyennes séries. Tous sauf All Circuits. Chaque jour, plus de 400 000 circuits imprimés sortent de son usine de Meung-sur-Loire (Loiret). Cette position, l’entreprise la doit à l’audace de son président Bruno Racault, 60 ans. En 2009, il reprend le site que son éphémère actionnaire, le groupe américain Jabil, veut fermer et choisit de défier la Chine en continuant à produire en masse pour l’automobile, notamment pour Valeo, le premier propriétaire de l’usine. «À l’époque, tout le monde me prenait pour un fou, se souvient-il. Le pari était risqué. Mais nous étions convaincus de réussir à concurrencer la Chine. Aujourd’hui, les gens commencent à y croire.»

Automatiser pour réindustrialiser

Son secret ? L’automatisation à l’extrême et le remplacement du papier par le numérique dans la gestion de la production. Résultat : la part de la main-d’œuvre dans les coûts directs de production est tombée à 5 %, contre jusqu’à 20 % auparavant. «Nous sommes seulement 2 à 3 % plus cher qu’une production en Chine, avec un niveau de qualité dans un rapport de 1 à 1 000 en notre faveur, affirme Bruno Racault. Sans compter les gains de transport, de délais et d’interactivité avec les clients. Nous sommes fiers de disposer de l’usine d’électronique la plus automatisée et la plus performante de France.»

Bio express

  • 1962 Naissance à Blois (Loir-et-Cher)
  • 1985 Diplômé de l’École supérieure d’électronique de l’Ouest
  • 2001 Il rejoint Valeo sur le site de Meung-sur-Loire

Pour cet ingénieur passionné d’électronique et de voiture et amateur de squash, il s’agit là d’un modèle de réindustrialisation de la France. Il ne compte plus les productions rapatriées depuis la Chine. Des équipementiers, il a étendu sa clientèle aux constructeurs Renault et Stellantis. La demande est telle qu’il a dû augmenter cette année de 40 % la capacité de l’usine de Meung-sur-Loire. Son objectif est de doubler le chiffre d’affaires, à 600 millions d’euros, d’ici à 2025.

Bruno Racault a sauvé le site de Meung-sur-Loire, mais aussi ceux de Sagemcom à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et à Tunis, qu’il a rachetés en 2012. De quoi s’étendre aux petites séries et aux cartes dont la production n’est pas automatisable. Pour servir le marché nord-américain, il a ouvert en 2018 une usine à Guadalajara, au Mexique. Il fait du site en Tunisie un atout en faveur du made in France. «Il nous aide à ramener des productions en France dans le cadre de contrats globaux avec les clients», défend-il. Son rêve est de faire revenir toute la chaîne de valeur en France : machines de production, composants et produits finaux, comme les téléphones. C’est, selon lui, la condition de la souveraineté du pays en électronique. 

Son entreprise, All Circuits

Créé en 2009, All Circuits est l’un des quatre grands sous-traitants électroniques français, aux côtés de Lacroix Electronics, AsteelFlash, et Éolane. Il compte 2 000 salariés dans le monde, dont 1 000 en France, et un chiffre d’affaires d’environ 300 millions d’euros en 2021. Il dispose de quatre usines (deux en France, une en Tunisie, une au Mexique) et d’un centre de conception à Angers (Maine-et-Loire). Avec ses 32 lignes d’assemblage, il produit au total plus de 450 000 cartes électroniques par jour. 

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