Le look a de quoi surprendre. Appuie-tête triangulaire, armature visible… Le démonstrateur au design minimaliste et affirmé de la division siège de Faurecia ne passe pas inaperçu. Ce n’est pourtant pas pour son style que les constructeurs y prêtent attention. Conçu avec une économie de matériaux, Seat for the planet est à la fois plus léger (environ 15% de poids en moins par rapport aux modèles actuels des véhicules de catégorie B), moins émetteur de gaz à effet de serre dans sa production (48% en moins) et plus simple à assembler et à démonter qu’un siège traditionnel.
À la différence de ce dernier, qui compte entre 100 et 150 composants, la version de l’équipementier français combine une dizaine de modules. «Ils sont facilement détachables et recyclables. Et sont soit monomatières, soit composés de matières compatibles avec le recyclage», précise Marthin Frétigné, le chef de projet économie circulaire du fabricant, faisant référence à l’acier et aux plastiques – polyéthylène téréphtalate (PET) et polypropylène (PP) en tête –, dont une part plus ou moins importante provient du recyclage.
Disparition du polyuréthane
Autre défi relevé par Faurecia : le remplacement du polyuréthane (PU), un polymère habituellement présent dans les pièces de confort et dont les ingénieurs automobiles raffolent pour ses multiples qualités techniques. «Cette matière est performante, mais très difficilement recyclable pour des applications identiques, explique Marthin Fretigné. Le travail a consisté à le remplacer par une solution technique combinant du PET haute performance et un nouveau process de transformation.»
Plus de deux ans après le lancement du projet, le produit, qui est envisagé pour équiper des véhicules des segments B et C, devrait changer la donne au sein des casses automobiles. «Seulement 50% de l’acier d’un siège est valorisé à l’heure actuelle, et le plus souvent “downcyclé”, indique-t-on chez l’équipementier automobile. Le reste – la mousse, le textile… – est, au mieux, incinéré. Grâce à la conception de notre siège, les centres de véhicules hors d’usage pourront facilement les démonter et développer une économie circulaire des matériaux.»
Une circularité stratégique pour l’industriel, qui vise la neutralité carbone en 2045. Le projet Seat for the planet émane du consortium Decore, qui rassemble aussi Renault, le CEA et MTB Recycling. L’objectif est de concevoir des cockpits utilisant 40% de matériaux recyclés, avec un impact en CO2 réduit de 85% d’ici à 2030.
Les autres nommés
- Demgy Atlantique a développé avec Kipsta (Decathlon) une chaussure de foot 100% thermoplastique et recyclable.
- Somfy s’est engagé avec Act for green à réduire de 50% l’impact carbone d’une motorisation entre 2019 et 2030.



