Dans les coulisses de la conception packaging de L’Oréal

Le Packaging Lab de L’Oréal est le centre névralgique du développement des emballages de la marque et de leur homologation. Visite guidée au sein de ce département entièrement consacré à la conception packaging.

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Patrice Barre, en charge du packaging qualification Lab
Patrice Barre, en charge du packaging qualification Lab au sein du Packaging Lab de L’Oréal teste la solidité d'un flacon-pompe.

Un flacon à la fois souple et léger, luxueux et économe en matière ? Voilà le type de défis que se lancent les équipes d’ingénieurs et de designers qui composent le Packaging Lab de L’Oréal, situé dans les bureaux de Clichy (Hauts-de-Seine) du groupe. 

L'OréalEric Mercier
L'Oréal L'Oréal

« C’est ici que nous inventons le packaging du futur et travaillons sur sa désirabilité et sa durabilité » introduit Jacques Playe, vice-président Monde Packaging & Développement. 

Jacques PlayesEric Mercier
Jacques Playes Jacques Playes

Cinq hubs sont dédiés au packaging dans le groupe, situés en France, aux Etats-Unis, au Brésil, en Chine et en Inde. Mais comment naît le packaging d'un produit L’Oréal et comment s’améliore-t-il au fil des années en fonction des diverses contraintes auxquels il se doit de répondre ? 

De multiples outils au service de la créativité

Pour trouver l’inspiration, direction le UX Design Studio. Là, mais aussi aux Etats-Unis, en Inde et en Chine, une équipe de 17 designers travaille sur les usages et les emballages de demain afin de développer des packs fonctionnels, créatifs et sensoriels, aux designs désirables et durables.

Sanam ViseuxEric Mercier
Sanam Viseux Sanam Viseux

« Notre matériauthèque permet de détecter et d’inspirer les équipes du studio en couleurs, matières et finitions », remarque Sanam Viseux, en charge de ces aspects au sein de l’UX Design Studio, et qui exerçait précédemment dans le secteur automobile au sein du groupe Renault Nissan. 

La Vie est belleEric Mercier
La Vie est belle La Vie est belle

On y retrouve par exemple de la cellulose moulée en différents coloris pastel, utilisée notamment pour créer une seconde peau pour le parfum La vie est belle. 

LipikarEric Mercier
Lipikar Lipikar

Ou encore pour envelopper le flacon de crème Lipikar composé uniquement d’une fine pellicule et col en plastique lors d’une série limitée. « Nous travaillons sur l’imperméabilité de ce type de flacon afin qu’il puisse supporter une atmosphère humide sans réduire sa recyclabilité » détaille David Guérin, expert en packaging cellulosique.

L'oréalEric Mercier
L'oréal L'oréal

« L’Oréal a pour objectif de réduire de 20 % le poids de ses emballages d’ici à 2030 », rappelle pour sa part Olivier de Lataulade, spécialiste du verre dont les résultats de recherche doivent concilier réduction de matière et aspect premium.

Olivier de la TauladeEric Mercier
Olivier de la Taulade Olivier de la Taulade

L’IA au service du raffinement

Pour dénicher de bonnes idées de packagings haut-de-gamme, les équipes de designers de l’UX Design Studio font aussi appel à de l’intelligence artificielle. Elle leur permet de créer des “moodboards”, planches de tendances, à partir de mots-clés et de modèles, qui les inspireront pour de nouveaux emballages. 

moodboardEric Mercier
moodboard moodboard

« Nous lançons justement un nouveau packaging développé par notre équipe pour Urban Decay. Il s’agit d’un flacon de fond de teint avec un embout doseur goutte à goutte en 100 % PET qui compte 4 brevets », précise Jordan Molinié, responsable du studio.

Jordan MoliniéEric Mercier
Jordan Molinié Jordan Molinié

 Son équipe travaille actuellement sur différentes formes de flacons et d’embouts pour d’autres marques, qu’elle teste grâce à des prototypes imprimés en 3D en interne.

fond de teint Urbain DKEric Mercier
fond de teint Urbain DK fond de teint Urbain DK

L’Oréal dispose en effet de neuf 3D Lab. Celui de Clichy est équipé des technologies de fabrication additive par dépôt de fil et par stéréolithographie. « Cela nous permet d’obtenir dans la journée le prototype désiré pour valider la prise en main ou le clipsage idéal ou encore d’imprimer des outils de préhension ou des godets de convoyage qui seront utilisés en usine pour la production à grande échelle des emballages », détaille Anne Debauge, responsable de la transformation numérique. 

Anne DebaugeEric Mercier
Anne Debauge Anne Debauge

10 000 prototypes sont réalisés chaque année et chaque lancement donne lieu à une centaine de tests avant d’être proposé au consommateur.

Des emballages passés au crible

Les tests, c’est précisément la spécialité de Patrice Barre, en charge du packaging qualification Lab.

Patrice BarreEric Mercier
Patrice Barre Patrice Barre

 « Nous vérifions ici la résistance des emballages, les testons avec les formules avec une montée en température pour simuler une durée de vie de trois ans par exemple », précise M. Barre. Son service a récemment fait l’acquisition d’une machine de tomographie qui permet de visualiser l’intérieur des emballages sans les démonter. « C’est le cas par exemple sur des flacons-pompes pour lesquels le ressort métallique perturbe le recyclage et que nous devons remplacer par des alternatives tout polypropylène avec des ressorts ou tubes, en plastique identique. La vitesse de retour du bouton poussoir et la force nécessaire pour délivrer la formule sont des éléments importants à prendre en compte pour développer la solution de remplacement », détaille Patrice Barre. 

pompesEric Mercier
pompes pompes

Un logiciel interne de scoring permet également de faire le tri entre différentes options envisageables et d’améliorer l’impact final d’un produit. « Qualité, sécurité, agilité et économie sont les 4 axes sur lesquels doivent travailler les ingénieurs de mon service », note Cyrille Lemaire, directeur packaging et ingénierie Fragrances. 

Cyril LemaireEric Mercier
Cyril Lemaire Cyril Lemaire

Ce savant mélange d’informations permet ensuite de faire certains choix, comme celui de marquer le logo dans le capot et sur le flacon du parfum pour homme Myslf d’YSL Beauté, plutôt que de l'agrémenter d'une plaque. « Grâce à l'utilisation de la rhéologie, nous sommes également plus performants sur la partie injection », poursuit M. Lemaire qui a travaillé pour le capot du parfum avec le plasturgiste Texen.

MyslfEric Mercier
Myslf Myslf

Un logiciel de simulation numérique, en l’occurrence Abaqus de Dassault Systèmes, permet quant à lui de travailler dès l’amont sur la forme du produit. Il est utilisé au sein du service de design technique des packagings dirigé par Luc Maelstaf qui fait office de bureau d’études pour toutes les marques du groupe. Pour la rénovation du capot de shampoing Ultradoux de Garnier, 30 % de plastique a été gagné sur le poids de la capsule. « Nous avons également ajouté une fonction de twist sur la capsule afin que le flacon puisse être rerempli grâce à des poches recharges », précise Luc Maelstaf, regrettant que seuls 0,5 grammes aient pu être gagnés sur le poids de ce flacon en PET recyclé, sans en modifier la tenue. « Notre objectif est de pouvoir utiliser le même moule pour un flacon de 14 g. Et dans ce cas, c’est la géométrie du flacon qui permettra d’améliorer la rigidité avec le même poids. Comme il s'agit de soufflage, la question est de savoir où mettre la matière pour avoir la meilleure rigidité, et ici, ce sont les transformateurs sont les plus aptes à nous aider », poursuit M. Maelstaf. Le logiciel utilisé par L’Oréal n’intègre pas la difficulté liée à l’utilisation de matière recyclée. C’est là que les outils des plasturgistes et leur savoir-faire entrent en action.

©Photos : Eric Mercier

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