Spécialiste des matériaux thermodurcissables à base de verre et de résine polyester ou époxyde, Isola Composite, née en 1920 à Delle, passe plusieurs décennies sous le giron du groupe suisse Von Roll. «On a constaté qu’il se désengageait, freinait les investissements et réorientait les activités vers d’autres sites. Le Covid a signé l’arrêt de la production en 2020», se souvient Cécile Allemann.
Salariée de l’entreprise de longue date, à des postes de vente, de support technique puis au board pour piloter la stratégie «composites» du groupe, elle s’engage à l'époque pour le site mis en redressement judiciaire. «J’ai compris qu’il fallait continuer à produire, à vendre et garder la confiance des fournisseurs, des clients et des équipes pour trouver un repreneur», explique la nouvelle PDG.
Un savoir-faire critique pour le nucléaire
Malgré l’implication de tous, le contexte sanitaire laisse entrevoir une issue défavorable qu’elle juge injuste et refuse. Elle se porte alors acquéreuse de l’entreprise de matériaux composites en novembre 2020. «Les clients nous aidaient avec un carnet de commande et des productions assurés.» Après une dizaine de départs volontaires, Isola Composite repart avec 41 salariés et le soutien de l’Etat et des collectivités locales, désireux de préserver l’emploi et un savoir-faire critique pour le nucléaire et l’énergie en général. «Nos produits techniques, reconnus par le marché, ne peuvent avoir aucune défaillance dans leur utilisation au risque de stopper l’activité d’une centrale par exemple», précise Cécile Allemann.
Isola Composite compte désormais 65 salariés, affiche un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros en 2022 dont 85% réalisés à l’export et finalise un investissement de deux millions d’euros, soutenu par France Relance et France 2030, afin d’augmenter ses capacités de production et moderniser son site. Un autre investissement de cinq millions d’euros est déjà prévu en 2024.



