Le leader pharmaceutique français a annoncé la finalisation, au 28 septembre, de son offre d’acquisition de l’entreprise californienne de biotechnologies Principia Biopharma. Selon les documents enregistrés auprès de la SEC, l’autorité américaine des marchés boursiers, l’offre de Sanofi s’élevait à un potentiel de 3,85 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros), soit à 100 dollars par action. Au 25 septembre, près de 27 millions d’actions en circulation, soit 81,1% du total du capital, avaient été apportées dans le cadre de cette offre. "Toutes les actions ordinaires de Principia qui n’ont pas été apportées à l’offre ont été converties en un droit à recevoir 100 dollars en numéraire par action", précise Sanofi dans un communiqué, alors que le titre Principia Biopharma a été délisté du Nasdaq.
Cette acquisition n’est pas un saut dans l’inconnu pour Sanofi. En reprenant Principia Biopharma, Sanofi s’empare d’un partenaire qu’il connaît déjà bien. Dès 2017, le groupe pharmaceutique français avait signé un accord exclusif de licence avec cette société californienne de biotechnologies pour l’aider à développer son programme de traitements oraux de la sclérose en plaques et potentiellement d’autres pathologies du système nerveux central.
Sanofi avait ainsi, dès 2017, prévu d’engager des moyens conséquents dans cette collaboration. Cet accord prévoyait un versement initial de 40 millions de dollars et des paiements d’étapes et de redevances pouvant atteindre jusqu’à 765 millions de dollars en fonction des avancées et des ventes potentielles. L’offre d’acquisition porte aujourd’hui sur le rachat de la totalité des actions en cours, à un prix de 100 dollars par titre. La proposition est soumise à l’obtention d’au moins la moitié du capital, et l’opération devrait être finalisée au quatrième trimestre 2020.
Petites molécules pour traiter les maladies auto-immunes
Basée à San Francisco (États-Unis) et recensant un peu plus de 100 salariés, Principia Biopharma est avant tout une entreprise de recherche et développement. Depuis une dizaine d’années, la société a mis au point une plate-forme technologique propriétaire pour développer des petites molécules visant à traiter des maladies auto-immunes et des cancers.
Principia Biopharma concentre ses efforts sur les inhibiteurs de la tyrosine kinase de Bruton (BTK). Sept de ses huit programmes de développement sont basés sur cette solution thérapeutique, dont trois, concernant l’inhibiteur BTK ‘168, sont menés en collaboration avec Sanofi depuis l’accord de 2017 dans le traitement de la sclérose en plaques. Ces trois programmes sont d’ailleurs entrés ces derniers mois en phase III de leur développement clinique, donc la phase la plus avancée. Le laboratoire français estime aussi que cette molécule pourrait être développée dans d’autres indications.
Sanofi s’intéresse aussi particulièrement au programme de développement du rilzabrutinib, un autre inhibiteur BTK développé dans trois programmes dont le plus avancé, en phase III, est destiné au traitement d’une maladie auto-immune rare, le pemphigus. Celle-ci entraîne la formation de vésicules et provoque des cloques sur la peau et les muqueuses.
Les biotechnologies, priorité stratégique de Sanofi
L’acquisition de Principia Biopharma s’inscrit ainsi dans la stratégie de Sanofi de renforcer son portefeuille de médicaments biotechnologiques, l’une de ses plus grandes priorités de développement. En 2019, la division Médecine de spécialités, qui regroupe l’immunologie, l’oncologie, la neurologie et les maladies rares, avait atteint un chiffre d’affaires de 10,4 milliards d’euros, sur un total de 36,1 milliards pour l’ensemble du groupe.
Le développement de cette division passe par la croissance organique, avec les avancées du pipeline de médicaments du groupe, mais aussi par la croissance externe. En début d’année 2020, Sanofi avait ainsi déboursé 2,26 milliards d’euros pour s’emparer d’une autre biotech californienne, Synthorx, spécialiste de l’immuno-oncologie.



