Sale temps pour Samsung Electronics. Comme attendu, le géant coréen de l’électronique, qui compte près de 310 000 personnes dans le monde, dont 100 000 en Corée du Sud, a publié, le 30 janvier 2019, des résultats 2019 définitifs en berne. Si le chiffre d’affaires dévisse de 5% à 230,4 trillions de wons (l’équivalent de 180 milliards d’euros), le bénéfice d’exploitation fond de 53% à 27,8 trillions de wons (21 milliards d’euros). Ce sont là ses plus mauvais résultats en quatre ans.
Livraison de smartphones en hausse
Pourtant, les deux activités porte-étendard de la marque, les mobiles et l’électronique grand public, se tiennent bien. Profitant de l’embargo américain contre son plus gros challenger, le chinois Huawei, Samsung Electronics se paye le luxe de gagner une partie du terrain perdu dans les mobiles, en augmentant de 1,3% ses livraisons à 295,1 millions de smartphones en 2019 selon le cabinet Strategy Analytics. Cette activité a rapporté un revenu de 102,3 trillions de wons (78 milliards d’euros), en progression de 6%. Elle perd toutefois 9% de ses profits de 2018.
Dans l’électronique grand public (qui inclut l’électroménager et les climatiseurs), Samsung Electronics parvient à faire progresser à la fois le revenu et le bénéfice. Une performance due notamment au succès de sa télévision QD-LCD (appellation commerciale Qled), qui a remporté la bataille en 2019 contre la technologie Oled de LG selon le cabinet IHS Markit.

- 47515.45-2.38
Mars 2026
Cours mensuel de l'étain - settlement$ USD/tonne
- 7.9967+0.13
10 Avril 2026
Yuan chinois (CNY) - quotidien¥ CNY/€
Alors où est le problème ? Les malheurs de Samsung Electronics viennent principalement de sa dépendance envers une activité peu connue du grand public : les semi-conducteurs dominés à 84% par les puces mémoires. Cette activité a connue une année noire avec un effondrement des prix moyens de 37% pour les mémoires Dram et 27% pour les mémoires flash NAND selon IC Insights. Résultat : son revenu a plongé de 25% et son bénéfice a fondu de 69%. Or elle constitue la vache-à-lait du groupe avec 75% de ses bénéfices en 2018 pour 35% du chiffre d’affaires total.
Surexposition aux puces mémoires
Ces difficultés mettent en évidence une surexposition de Samsung Electronics à la volatilité des mémoires, un marché dont il est leader mondial mais où de nouveaux entrants chinois comptent déferler, menaçant son avenir à long terme. Le groupe est d’ailleurs conscient du risque. Il tente de sortir du carcan des mémoires en se diversifiant dans les puces à plus forte valeur ajoutée comme les capteurs d’image, les processeurs mobiles, les circuits d’intelligence artificielle ou encore les services de fonderie de semi-conducteurs. Avec à la clé, un investissement de 115 milliards de dollars en 10 ans. Mais pas facile de le faire. Ces domaines sont la chasse gardée d’acteurs solides : Sony dans les capteurs d’image, Qualcomm dans les processeurs mobiles, Nvidia dans circuits d'IA ou TSMC dans les services de fabrication de puces des autres.



