Pourquoi la production française de vin devrait chuter à "un niveau historiquement bas" en 2021

La production française de vin en 2021 devrait chuter de 24% à 30% par rapport à 2020, d'après les estimations au 1er août du ministère de l'Agriculture. Bien que le gel printanier soit la principale raison de cette baisse, d'autres facteurs sont aussi en cause.

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Gel en Champagne
Pour venir en aide aux viticulteurs, le gouvernement les a notamment intégrés au régime des calamités agricoles.

C'est un record dont on se serait bien passé. La France devrait atteindre en 2021 son niveau de production de vin le plus faible depuis 1970, d'après l'Agreste, service de statistique du ministère de l'Agriculture. En cause : le gel printanier en avril 2021 que le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie avait qualifié de "probablement la plus grande catastrophe agronomique" du siècle. Les régions les plus touchées étaient la Bourgogne, la Vallée du Rhône et le Centre. Ces estimations ne sont donc pas une surprise pour le gouvernement qui voit "des tendances se confirmer".

Selon les premières estimations établies au 1er août, la production annuelle viticole s'établira entre 32,6 et 35,6 millions d'hectolitres, soit une baisse de 24 à 30% par rapport à 2020. Elle atteindra donc un niveau "inférieur à celles des années 1991 et de 2017", elles aussi concernés par un gel sévère au printemps. Le rendement quant à lui serait proche de 1997, "année où la récolte viticole avait été réduite par un gel destructeur et des précipitations estivales".

Facteurs multiples

La vague de froid d'avril avait touché la quasi-totalité des bassins viticoles avec des conséquences variables, mais n'est pas la seule responsable de la baisse de production. Les conditions climatiques humides ou fraîches lors de la floraison ont entraîné "des coulures (chute de fleurs ou de jeunes baies) et un millerandage (baies de petite taille)" qui accentuent les pertes, notamment dans le Centre, le Sud-Ouest, la Provence et la Vallée du Rhône.

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Aussi, les prochaines prévisions devraient prendre en compte le développement de maladies favorisées par "une météo humide" depuis le début de l'été. Mildiou, oïdium, black rot, favorisés par ce temps, ont émergé sur les grappes de Champagne, d'Alsace, du Beaujolais, de Val de Loire, de Charentes et du Sud-Ouest. Le bassin méditerranéen est aussi à risque, avec une sécheresse de surface qui "pourrait encore amoindrir la production" si elle venait à se prolonger. Par ailleurs, les estimations sont susceptibles d'être révisées en fonction d'autres événements climatiques ou des problèmes sanitaires engendrés par la crise du Covid-19 en amont des vendanges.

Des aides par le plan gel

Suite à l'annonce de Jean Castex le 17 avril, la question problématique de l'assurance pour la filière viticole a été en partie réglée par le "plan gel". En effet, les viticulteurs, ainsi que les producteurs de céréales, ont été exceptionnellement intégrés à une "mobilisation du régime des calamités agricoles". Il permet notamment une indemnisation "jusqu'à 40% des pertes observées", avec un seuil d'éligibilité de "11% de perte de chiffre d'affaires au niveau de l'ensemble de l'exploitation". Le plan gel implique notamment aussi un dégrèvement de la taxe foncière sur le non bâti, une prise en charge des cotisations sociales jusqu'à 15 000 euros pour les plus touchés ou encore un système d'avance sur les indemnisations de récoltes, principalement pour les entreprises avec des pertes supérieures à 70% de leur récolte annuelle moyenne.

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