Michel Edouard Leclerc l'a annoncé ce mardi 11 janvier sur les ondes de RMC avant de le confirmer ce mercredi 12 janvier sur son blog : son enseigne a décidé de geler pour six mois le prix de la baguette de pain à 29 centimes d'euros. Une mesure dont l'objectif est de lutter contre l'inflation des produits alimentaires. «C'est tout un symbole !», s'enorgueillit le responsable.
Une campagne démagogique pour les producteurs de céréales
Problème, si la mesure cible les consommateurs, elle provoque la colère des producteurs de céréales français. Ces derniers dénoncent une campagne démagogique, très éloignée de l'esprit de la loi Egalim qui prévoit une meilleure rémunération des producteurs.
Car même si la matière première représente, en 2020, 6,7% du prix de la baguette (données issues du rapport 2021 de l'observatoire de la formation des prix et des marges, l'OFPM), l'annonce de Michel Edouard Leclerc intervient alors que le prix du blé est au plus haut à 320 dollars la tonne. Comme l'a confirmé FranceAgrimer lors de son bilan mensuel, ce dernier a augmenté de 30% sur les derniers mois provoquant une poussée inflationniste sur les prix à la consommation. Ainsi, l'indice des prix alimentaires de la FAO a atteint un pic à 125,7 soit une hausse de 28% en 2021. Son niveau le plus élevé avait été atteint en 2011 avec un sommet à 131,9. «Alors même que les cours des céréales, et par conséquent de la farine, connaissent des prix élevés, que les coûts de production (énergie, salaires, etc.) progressent fortement, le groupe Leclerc annonce des prix volontairement destructeurs de valeur», déplore la FNSEA le principal syndicat agricole qui craint que ce type de mesure ne favorise les importations.

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Le rayon boulangerie, roi des marges
Interrogé par l'Usine Nouvelle, Jean- François Loiseau, président de l'interprofession de la filière céréale estime que seul un prix d'un euros permet à l'ensemble des acteurs de se rémunérer correctement. "Les consommateurs français mangent en moyenne 85 grammes de pain par jour. Avec une baguette d'en moyenne 250 grammes, cela revient à dépenser 30 centimes d'euros par jour et par consommateur pour garantir que les meuniers, les boulangers, les transformateurs soient rémunérés correctement" explique le responsable.
Face à ces commentaires, Michel Edouard Leclerc n'a pas hésité à s'en prendre aux industriels qui «n'assument jamais eux-mêmes leurs hausses de prix vis-à-vis des consommateurs». Reste que selon les données de l'OFPM, le rayon boulangerie-pâtisserie des distributeurs présente une marge brute rapportée au chiffre d’affaires de 56,4 %. «Ce taux est nettement supérieur à celui de n’importe quel autre des rayons étudiés (de 24,0 % à 32,9 %)» précise l'OFPM.



