Un ancien député et ministre PS rejoint le conseil d’administration de Huawei France. Il s’agit de Jean-Marie Le Guen. L’homme politique, qui s’est rallié au mouvement En Marche après l’échec du candidat PS Benoît Hamon aux élections présidentielles de 2017, n’exerce plus aucun mandat public depuis juillet 2020.
Ancien adjoint au Maire de Paris
" Je suis heureux de rejoindre le conseil d’administration de Huawei France et de contribuer à renforcer le partenariat entre Huawei et la France, tant sur les plans économique, technologique et social, se félicite-t-il dans le communiqué de l’entreprise. J’ai une profonde admiration envers cette entreprise qui est leader mondial en matière de technologies des télécoms. "
Docteur en médecine et ancien député, Jean-Marie Le Guen a occupé plusieurs fonctions ministérielles en tant que Secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement (2014-2016) puis Secrétaire d’Etat chargé du Développement et de la Francophonie (2016-2017) du gouvernement de Manuel Valls. Il a été adjoint à la Maire de Paris Anne Hidalgo, en charge des questions de santé. Au conseil d’administration de Huawei France, il succède à un autre ancien homme politique français : Jean-Louis Borloo, administrateur de la filiale française de l’équipementier chinois des télécoms depuis 2016, qui a quitté ses fonctions en mai 2020.
Besoin de lobbying politique
Cette nomination intervient dans un contexte compliqué pour Huawei. Victime d’un embargo américain implacable, l’équipementier suscite un rejet quasi généralisé dans le monde occidental pour des questions de souveraineté et de sécurité des données. En France, il n’est pas officiellement exclu du déploiement de la 5G. Mais les autorités poussent les opérateurs télécoms à l’éviter.
Huawei opère dans un domaine très sensible des télécoms où le lobbying politique constitue un élément clé de sa stratégie de communication. En s’appuyant sur des anciens hommes politiques, il espère influencer les décisions de l'Etat en sa faveur. La présente de Jean-Louis Borloo n'a toutefois pas permis d'éviter l'adoption, en juillet 2019, de la loi sur le sécurité des réseaux, connue sous le nom de loi anti-Huawei. C'est sur la base de cette loi que l'Anssi, l'agence nationale de sécurité des systèmes d'information, a refusé à Free le recours à Huawei pour son réseau 5G, et encourage SFR et Bouygues Télécom à s'affranchir de l'équipementier chinois d'ici 2028.



