Le groupe de luxe français Chanel a annoncé, dans un communiqué publié le 29 mars, qu'il n'aurait pas recours au dispositif de chômage partiel pour les 8 500 employés français.
Points de vente fermés et ateliers à l'arrêt
L'entreprise, qui a réalisé 9,91 milliards d'euros de ventes en 2018, aurait pourtant pu prétendre au dispositif mis en place par Bercy pour éviter les licenciements massifs.
En effet, en vertu de l'arrêté du 14 mars, l'ensemble de ses points de ventes français sont fermés. Le groupe a par ailleurs décidé de fermer tous ses ateliers hexagonaux où 7 500 salariés sont employés.
A l'échelle mondiale, ce sont deux tiers des deux cents boutiques Chanel qui sont actuellement fermées. Un chiffre qui pourrait encore augmenter avec les mesures de confinement annoncées ce 30 mars en Russie et envisagées en Australie.
Des fermetures qui se traduiront sur les résultats du groupe. Dans une interview accordée au Monde Bruno Pavlovsky, président de Chanel SAS, chiffre à 15% les pertes du groupe sur l'année. Des prévisions qui sont équivalentes à celles faites par Kering, le numéro deux mondial du luxe.
Maintien des emplois et des salaires
Malgré ces chiffres, Chanel promet de maintenir l'ensemble des emplois et des salaires de ses employés français "Chanel s’engage, pour une période de huit semaines du 16 mars dernier au 8 mai prochain, à maintenir à 100% les salaires en France pendant 40 jours ouvrables des 8 500 salariés de Chanel", explique le groupe dans un communiqué.
Par cette mesure, la maison de luxe dont le chiffre d'affaires a affiché une augmentation de 12,5% en 2018, explique ne pas vouloir peser sur les comptes publics, "de sorte que l’État français puisse venir en priorité en aide aux entreprises plus vulnérables et bien sûr, aussi, concentrer ses moyens sur le système de Santé, le personnel soignant et les organismes de secours aux personnes", précise le communiqué.
Donation et fabrication de masques
En parallèle à cette annonce, la maison de la rue Cambon fera une donation de 1,2 million d’euros auprès des structures hospitalières et services à travers des contributions financières au fonds d’urgence créé par la Fondation de l'AP-HP. Une somme qui s'ajoute au 50 000 masques déjà donnés.
A l'image de LVMH et Kering, le groupe précise également mobiliser ses fabricants et ses équipes - dont 150 de ses couturières et couturiers des ateliers Haute Couture, Prêt-à-Porter et Maisons d’art - pour produire des masques de première protection et des blouses. "Nous sommes en cours d’homologation auprès des pouvoirs publics et lancerons la production dès que les prototypes et les matières premières auront été homologués", explique le groupe.



