Pourquoi AsteelFlash, champion français de l’électronique, s’offre au taiwanais USI

AsteelFlash, champion français de la sous-traitance électronique, négocie son rachat par le groupe taïwanais USI pour 450 millions de dollars. A moins de trois ans de son départ à la retraite, son PDG-fondateur Gilles Benhamou, veut ainsi assurer la croissance et la pérennité du groupe.

 

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AsteelFlash Gilles Benhamou, PDG
Gilles Benhamou, PDG-fondateur d'AsteelFlash

Le sous-traitant électronique français AsteelFlash a conclu un accord pour se faire racheter par Universal Scientific Industrial (USI), un groupe d’électronique taiwanais de 18 000 personnes et 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2018, coté à la bourse de Shanghai, en Chine. La transaction se monte à 450 millions de dollars, financée à 89,6% en numéraire et à 10,4% en actions au profit du PDG-fondateur, Gilles Benhamou, qui détient 27% du capital de l’entreprise.

Objectif: doubler le chiffre d'affaires

Annoncée le 13 décembre 2019, l’information a surpris le monde de l’électronique. Créé en 1999, AsteelFlash est présenté comme un modèle de développement en Europe dans les prestations de fabrication électronique, un marché dominé par des géants mondiaux tels que les taïwanais Foxconn, Pegatron et Vistron, ou les américains Flex, Jabil et Sanmina. Avec un chiffre d’affaires de plus de 1 milliard de dollars en 2018, il s’impose comme le champion français et numéro deux européen de la sous-traitance électronique, derrière l’allemand Zollner. Le groupe compte 6 000 personnes, dont 800 en France, et 18 usines, dont sept dans l’Hexagone.

En 2018, AsteelFlash a bénéficié d’un bond exceptionnel de 47% de son chiffre d’affaires. Mais l’année 2019 s’annonce plate. A 66 ans, Gilles Benhamou veut maintenir l’entreprise sur la voie de la croissance après son départ à la retraite d’ici trois ans. "A mon âge, il devient important d’assurer la pérennité de l’entreprise, explique à L’Usine Nouvelle. Il n’y a pas de plan familial de succession. Avec USI comme partenaire, l’objectif est de poursuivre et d’accélérer la croissance. Je voudrais voir le chiffre d’affaires doubler avant mon départ." 

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Les deux groupes se targuent d’être complémentaires. AsteelFlash fabrique plutôt des petites et moyennes séries dans des usines en Europe, en Tunisie et en Amérique du Nord. USI offre ses services jusqu’aux grandes séries avec des usines principalement en Asie. "Le rapprochement est gagnant-gagnant pour les deux parties,affirme Gilles Benhamou. Nous voulons combiner nos forces pour répondre à tous les besoins de nos clients. Avec USI, nous disposons d’une empreinte mondiale avec des usines dans les trois grands continents : Europe, Asie et Amérique. Nous pouvons ainsi accompagner nos clients européens dans leur développement à l’international et leur proposer des services que nous ne pouvons pas faire aujourd'hui. "

Développement des services de conception

USI se présente comme davantage qu’un simple sous-traitant. Il dispose également de grandes capacités de conception et d’un savoir-faire pointu en miniaturisation électronique. "Nous avons 50 personnes en conception et design, confie Gilles Benhamou. USI en a 1000 à Taïwan. Nous voulons nous appuyer sur cette capacité et bénéficier de son expertise dans la miniaturisation électronique pour développer des services de conception pour nos clients. "

Reste que les deux groupes sont de cultures opposées : occidentale pour AsteelFlash, asiatique pour USI. "Ce n’est pas un problème, tranche Gilles Benhamou. Au contraire, c’est un atout supplémentaire de complémentarité. Nous partageons la même culture d’entreprise familiale. "

Le projet a été approuvé à l’unanimité par le CES, le comité économique et social de l’entreprise, selon le PDG. Le dossier a été déposé auprès de Bercy. Gilles Benhamou reste confiant sur l’issue et espère finaliser la transaction en juin 2020. " Notre projet a du sens, souligne-t-il. Il s’inscrit dans une stratégie de valorisation à long terme et non à court terme. Il n’y a ni rationalisation industrielle, ni réduction du personnel en perspective. AsteelFlash restera une société indépendante de droit européen en tant que filiale avec la même stratégie de croissance menée jusqu’ici. Elle ne sera pas dissoute dans le groupe USI. Il n'y aurait aucun intérêt à le faire. Bien sûr, nous ne sommes pas à l’abri de mauvaises surprises. Ma participation dans le capital sera convertie à 40% en actions d’USI. Je serai donc toujours là pour veiller à la bonne évolution de l’entreprise. "

Recherche en vain de solution européenne

Gilles Benhamou s’est fait connaitre par sa position en faveur du développement de la production électronique en Europe, plutôt que la délocalisation en Chine. Son choix de confier le destin de son entreprise à un acteur asiatique peut paraître contradictoire. " Je suis toujours un défenseur de l’électronique européenne, martèle-t-il. Je regrette de ne pas avoir trouvé une solution européenne. Le plus important pour moi est d’assurer la croissance et la pérennité de l’entreprise. "

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