Xiaomi se prépare à fêter, le 6 avril 2020, son dixième anniversaire. L’heure est à l’allégresse même si le contexte du Covid-19 risque d’assombrir quelque peu l’ambiance. Les résultats en 2019 ont de quoi réjouir le PDG-fondateur Lei Jun.
Quatrième vendeur mondial de smartphones
Le dragon chinois des mobiles affiche un bond du chiffre d’affaires de 17,7 % à 205,8 milliards de yuans, l’équivalent de 26,5 milliards d’euros. C’est la première fois qu’il franchit la barre des 200 milliards de yuans. Le bénéfice net s’établit à 11,5 milliards de yuans, l’équivalent de 1,5 milliard d’euros.
Ces performances, le « grain de riz » (son nom en chinois) les doit non pas à ses smartphones pour lesquels il est connu en Europe, mais ses scooters, ses téléviseurs et ses autres produits connectés. Il se définit d’ailleurs non pas comme un constructeur de mobiles mais un acteur de l’internet, au même titre que Baidu, Alibaba ou Tencent.

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En 2019, il a livré 124,6 millions de smartphones sous ses deux marques, Xiaomi et Redmi, en progression de 4,5%, ce qui le place à la quatrième place mondiale avec 8,8% du marché selon le cabinet Strategy Analytics, derrière Samsung (20,9%), Huawei (17%) et Apple (14%). Le chiffre d’affaires de cette activité a augmenté de 7,3% à 122,1 milliards de yuans (15,7 milliards de dollars), représentant 59,3 % de son revenu total. La marge brute a gagné un point à 7,2 % en 2019. Mais Lei Jun assure respecter toujours la promesse de proposer aux consommateurs des smartphones au plus près de leur coût de revient avec une marge nette en dessous de 1 % l’année dernière.
Nouveau N°1 des téléviseurs en Chine
La plus grande progression vient de l’activité dans l’Internet des objets (scooters, téléviseurs, électroménager…), dont le chiffre d’affaires a explosé de 41,7% à 62,1 milliards de yuans (8 milliards d’euros). Le succès est particulièrement foudroyant dans la télévision connectée où ses livraisons ont dépassé les 10 millions de postes, le propulsant à la première place en Chine et la cinquième dans le monde derrière Samsung, LG, TCL et Hisense, mais devant Sony selon le cabinet TrendForce.
Xiaomi récolte les fruits de sa stratégie duale, baptisée “Smartphone + AIoT”, consistant à marcher sur deux pieds, l’un dans les smartphones, l’autre dans l’Internet des objectifs, avec l’objectif de fructifier sa base installée de produits connectés par des services internet (publicité, jeux, vidéo à la demande…). Cette stratégie a été confortée en 2019 par un plan d’investissement de 10 milliards de yuans en cinq ans dans l’internet des objets, la 5G et l’intelligence artificielle, montant porté ensuite à 50 milliards de yuans (6,5 milliards de dollars).
Faible dépendance vis-à-vis de la Chine
Des quatre plus gros constructeurs chinois de mobiles, Xiaomi se targue d’être celui le plus internationalisé. Selon le cabinet Counterpoint, il dépend seulement à 24 % de la Chine pour ses ventes de smartphones, contre 62% pour Huawei, 50% pour Vivo et 49% pour Oppo. Une position qui le place en meilleure posture pour remonter la pente après la crise du Covid-19. "Malgré l'impact de Covid-19, nous restons optimistes quant à nos perspectives d'avenir, affirme Lei Jun dans son message aux investisseurs lors de la publication des résultats annuel le 31 mars 2020. À ce jour, notre capacité d'approvisionnement est revenue à 90% des niveaux normaux et nous voyons de la lumière au bout du tunnel en Chine. La fortune favorise les courageux et cette année, Xiaomi continuera à agir rapidement et de manière décisive. " Malgré les incertitudes économiques liées à la crise sanitaire actuelle, l’optimise du fondateur du dragon chinois de la high-tech reste de mise.



