Avec plus de quatre milliards de fans et 265 millions de joueurs fédérés, le football est sans aucun doute le sport le plus populaire au monde. Noms de joueurs, clubs mythiques, calendriers des grands évènements… , nul besoin d'être un expert pour connaître quelques bribes sur le sujet. En revanche, pour ce qui est du ballon, qui sait exactement où et comment est fabriqué cet incontournable des terrains de football ? Quelle est son empreinte carbone, alors que le monde du sport s'inquiète de plus en plus de son impact sur l'environnement ?
Créateur de la start-up Rebond en 2023, dans la région de Nantes, Simon Mutschler s'est posé toutes ces questions. « Chez Rebond, nous souhaitons réaliser des ballons de sport autrement : grâce à nos innovations, nous avons choisi d'en faire un produit éthique, écoresponsable et local », explique-t-il en guise de teasing sur les activités de sa société. Car avant d'en savoir plus, il nous explique de quoi est fait un ballon de foot. Fabriqué, aux origines de ce sport, en cuir et en coton, le ballon de foot d'aujourd'hui est réalisé par l'assemblage de 32 pièces - des hexagones et des pentagones -, pour former ce que les cristallographes appelleraient un icosaèdre. Le matériau qui constitue ces pièces est un composite multicouche. De l'extérieur vers l'intérieur, on va retrouver une couche de PVC (ou de PU pour des ballons plus haut de gamme), une couche de mousse pour favoriser le rebond, une toile de PE ou de coton encollée avec une colle au latex. À l'intérieur du ballon, une chambre à air en caoutchouc est installée. Une fois gonflée, elle offrira au ballon sa rondeur et sa fermeté. Ces différentes pièces sont assemblées à l'envers, par couture à la main ou à la machine. Puis, retournées, avant de procéder à la fermeture du ballon.
Le Pendjab, expert du ballon de foot

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Longtemps placée sous colonie anglaise, la région du Pendjab, à cheval sur l'Inde et le Pakistan, a tenu son rang de premier producteur mondial de ballons de foot. Ceci, jusqu'au début des années 2000, lorsque la Chine a fini par s'emparer du sujet et inonder, à son tour, le marché. Cette double domination n'a pas suffi à effrayer Simon Mutschler qui s'est mis en tête de développer une chaîne de production française, non pas en concurrençant frontalement ces fabricants indiens et chinois, mais en imaginant des ballons biosourcés et circulaires. Certes, en termes de production, difficile de s'affranchir totalement de cette domination asiatique. C'est pourquoi Simon Mutschler s'est tout de même associé à un sous-traitant indien, labellisé fair trade, pour réaliser ses premières fabrications et « amorcer la machine ». Mais il a aussi réussi à convaincre un premier fabricant français de se lancer dans l'aventure, avec les Ateliers Bourgeois. Basés également à Nantes et issus du monde de la chaussure, ils ont vu une similitude entre le travail de la maroquinerie et la fabrication de ballons. Dans les deux cas, un travail de la matière souple. À l'avenir, ce partenariat devrait se révéler précieux pour la fabrication de petites séries, en complément de l'atelier indien, avant que Rebond ne décide d'installer son propre site de production.
« Ce serait la suite logique de l'évolution de la marque, afin de pouvoir influencer l'industrie du ballon dans son ensemble », confie Simon Mutschler.
En attendant, Rebond multiplie les essais pour innover et abaisser l'empreinte carbone des matériaux. La société a, par exemple, testé un compound partiellement biosourcé, associé à des encres végétales sans phtalates et à une chambre à air en latex naturel. Elle s'est aussi intéressée à un compound de polyester recyclé, toujours pour cette couche externe, mais également pour la mousse et la toile. « En fin de vie, il est difficile de séparer les différentes couches. C'est pourquoi nous avons travaillé sur l'utilisation de compounds voisins pour se rapprocher du monomatière, ouvrant la porte à un recyclage complet du ballon », ajoute le dirigeant.
Mais en réalité, en matière de recyclage, Simon Mutschler voit encore plus loin. Son idée serait de proposer aux clubs de foot des ballons en leasing . Ils seraient récupérés, en fin d'année, pour recycler la matière et produire de nouveaux ballons et réapprovisionner les clubs. « Le marché des ballons est énorme. Rien qu'au niveau des clubs amateurs, on achète 80 à 100 ballons par an. À la fin de l'année, 80 à 90 % de ce stock est jeté pour finir en décharge ou dans un incinérateur », commente-t-il.
Tous ces développements ont le mérite d'être financés sur fonds propres, grâce à la commercialisation des premiers ballons. L'entreprise propose déjà une référence issue de la biomasse en entrée de gamme, ainsi qu'un produit répondant aux normes de la Fifa. Sous deux ans, Rebond devrait avoir mis en place son offre de leasing. Et d'ici cinq à sept ans, son offre de ballon totalement circulaire, avant de s'attaquer peut-être à d'autres bastions, comme ceux du rugby ou du basket. Deux autres fameux sports de ballon.



