Le lundi 8 juillet, la Turquie a déclaré qu’elle accueillerait sur ses terres un nouveau site de production de BYD. Cette annonce fait suite à un accord entre le groupe chinois et le pays signé à Istanbul par Fatih Kacir, le ministre turc de l’Industrie et de la Technologie, sous les yeux du président Recep Tayyip Erdogan. BYD s’engage ainsi à investir un milliard de dollars en Turquie pour bâtir un centre de recherche et développement ainsi qu’une nouvelle usine capable de produire 150000 voitures hybrides et électriques par an. Elle devrait prendre place sur un terrain offert par l’Etat, situé dans la province de Manisa, près de la ville côtière d’Izmir.
Une nouvelle étape dans l’ascension de BYD
Fondé en 1995, le groupe chinois se spécialise d’abord dans la production de batteries électriques, avant d’étendre ses activités au secteur automobile en 2003. Depuis, BYD est devenu le plus grand constructeur automobile chinois. Le groupe connaît un essor exponentiel, avec plus de 3 millions de véhicules vendus en 2023, soit 61,9% de plus qu’en 2022.
Une performance qui a fait de lui le premier vendeur de voitures électriques au dernier semestre 2023, devant Tesla. Si le fabricant américain a repris sa place de leader au premier trimestre 2024, l'entreprise chinoise compte bien poursuivre son ascension. Et cela passe par son internationalisation croissante : le 4 juillet 2024, BYD a inauguré sa première usine en Thaïlande, après avoir annoncé fin 2023 la création d’un premier site de production sur le territoire européen, en Hongrie.
Contourner les droits de douane européens
En s’installant en Turquie, le constructeur chinois renforce ainsi sa présence en Europe, dont il compte conquérir le marché. Or l’Union européenne (UE) a récemment mis des bâtons dans les roues des groupes automobiles chinois : depuis le 5 juillet dernier, la taxe pesant sur les voitures électriques de BYD importées depuis la Chine est passée de 10% à 17,4%. Une augmentation qui témoigne de la volonté de l’UE d’empêcher la submersion de son marché par des véhicules électriques chinois bénéficiant d’importantes subventions.

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En s’installant en Turquie, BYD contourne ce bouclier : depuis 1995, une union douanière ouvre en effet le marché européen aux voitures produites en Turquie. De plus, le pays exonère les investissements chinois sur son territoire pour les favoriser. Un terrain accueillant pour le constructeur automobile chinois, qui bénéficiera aussi en Turquie d’une main d’œuvre qualifiée, peu chère et déjà familière de l’industrie automobile, puisque le pays accueille depuis les années 1970 des constructeurs comme Renault, Ford ou Toyota.
L’usine turque de BYD devrait être opérationnelle d’ici fin 2026 et créer jusqu’à 5000 emplois locaux. Elle renforcera également la place de la Turquie dans la production de voitures, alors que le pays est aujourd’hui le troisième constructeur automobile d’Europe.



