Chronique

Pour les marques alimentaires, il est urgent de ne plus parler (que) de prix

[Agronomix : deux fois par mois, un regard sur l’agro] L'inflation a laissé exsangues les finances des consommateurs et les enseignes de la distribution axent leur communication sur les prix pour faire redécoller les volumes. Sauf qu’à ne parler que de prix, elles risquent d’affaiblir les marques, qui ont tout intérêt à mettre en avant d'autres atouts.

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Consommation/supermarché
Ne pas parler que de prix, un impératif pour se distinguer en rayons.

Le prix à tout prix ? Elle semble loin, la parenthèse du Covid et sa promesse du manger-sain et fait-maison. Lancé plus récemment, le débat sur une plus grande transparence sur l’origine des produits alimentaires parait appartenir à la préhistoire de la grande consommation : le logo «Origin’Info» se confine jusque-là à quelques références. Non, en ce moment, la grande distribution carbure aux fondamentaux : les prix. 

Prime à l'alimentation dite "fonctionnelle"

Les marques se prêtent au jeu. On pense par exemple aux efforts tarifaires consentis par Fleury Michon. Sauf que le risque, justement, pour les marques, est de s’affaiblir en parlant trop de prix. L’accessibilité est un prérequis, pas une fin en soi : à tous communiquer sur le prix, plus personne ne se différencie. Certes, il y a un impératif : faire redécoller les volumes de ventes des produits de grande consommation, toujours figés à des niveaux inférieurs à ceux de 2019, malgré une légère embellie sur les premiers mois de 2025. Mais comment dépasser le seul étalon-prix, dans le contexte actuel ? 

«L'alimentation fonctionnelle se vend très bien : les boissons énergisantes, l’hyper protéiné... Un phénomène d'ailleurs en lien avec l’explosion des inscriptions en salle de sport, indique Emily Mayer, directrice des études chez Circana. La recherche d’exotisme est aussi valorisée, avec les cuisines italiennes, asiatiques… Enfin, même si c’est encore un petit marché, le végétal, que ce soit au rayon traiteur ou boisson, se développe bien.»Quand un acteur comme Barilla lance des pâtes enrichies en protéines, il coche toutes les cases.

Le bio et les produits "verts" toujours en difficulté

Et pour les amateurs des produits "verts" ? «Il y a eu une loupe déformante des médias sur ce phénomène au moment du Covid, poursuit la spécialiste. Les achats en circuit court et de produits bio à cette période étaient aussi le fait des ruptures en rayons. Le bio sort de quelques années de baisse à deux chiffres. Les ventes repartent en circuit spécialisé, mais pour la grande distribution classique, si les ventes vont moins mal, elles n’ont pas encore repris le chemin de la croissance.»

On ose alors le lien avec cette étude de Réseau Action Climat parue le lundi 12 mai. Les grands distributeurs «ne prennent pas encore ou très peu en considération les enjeux écologiques et de santé publique», fustige l’ONG écologiste. L’étude a évalué 200 supermarchés sur des critères de transparence et de mise en valeur de l’alimentation dite durable. Un axe de progrès pour les prochaines négociations commerciales.

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