Le papetier finlandais UPM aurait signé un accord, le 15 octobre 2021, pour la vente de son site de production de papier journal Chapelle Darblay à Grand-Couronne (Seine-Maritime). C’est le consortium créé par Samfi et Paprec France qui reprendrait le site dont le papetier veut se séparer depuis septembre 2019. Faute de repreneur, UPM a fermé définitivement le site en juin 2020 et a licencié 228 salariés, laissant le soin à ses cinq derniers employés de trouver un repreneur et ainsi d’éviter le démantèlement du site. Cependant, le projet de Paprec/Samfi implique un investissement de près de 450 millions d’euros afin de transformer le site papetier en une usine de production d’hydrogène renouvelable et de matières premières issues du recyclage. Ce qui permettrait la création de 250 emplois directs et 400 emplois indirects. Cependant, cette transformation impliquerait « le démantèlement de l’outil industriel », selon les déclarations à l’AFP de Julien Senecal, secrétaire CGT du Comité social et économique (CSE), et d’Arnaud Dauxerre, représentant des cadres au CSE central. Pour le président de Paprec, l’activité de recyclage de papier en France ne peut plus être développée : les besoins en papier journal chutent, et la production de carton est déjà assurée par deux usines en France (Norske Skog à Golbey, dans les Vosges, et VPK à Alizay, dans l’Eure).
L’opposition de la métropole de Rouen
Néanmoins, la métropole de Rouen aurait annoncé sa volonté de préempter le site. Cette démarche se fait dans l’espoir que ce site « stratégique majeur pour la France », car il est le « plus gros site de recyclage de papier et de carton » en France (avec une capacité de traitement du tiers du marché français), soit racheté par Veolia, spécialiste de la gestion de l’eau et des déchets. Ce dernier, associé à Fibre excellence – producteur de pâte à papier marchande –, a fait part de sa candidature le 14 octobre 2021 pour le rachat de la Chapelle Darblay. Pour son projet, Veolia nécessiterait 250 emplois qualifiés afin de permettre une production annuelle de 400 000 tonnes de carton d’emballage. Ce candidat au rachat promet également une modernisation de l’outil de production et de la chaudière, ce qui représenterait un investissement total de 120 M€. Selon les informations de la CGT, Samfi aurait fait une offre de 7,5 M€ quand Veolia proposerait 8 M€.



