Le déficit commercial de la France a continué de se creuser en juin, à 13,07 milliards d'euros, en raison de l'alourdissement de la facture énergétique, selon les données publiées vendredi 5 août par la direction générale des Douanes françaises et la Banque de France. Un chiffre supérieur aux 12,56 milliards d'euros sur lesquels avaient en moyenne tablé les analystes interrogés par Reuters.
Malgré des exportations qui confirment leur reprise en dépassant leur niveau d’avant crise sanitaire à 285 milliards d'euros au premier semestre 2022, des importations «très dynamiques» (à 356 milliards d'euros, +26 %), influencées par une facture énergétique ayant atteint un nouveau record à 48 milliards d'euros (contre 27 milliards le semestre précédent), ont pesé sur les comptes commerciaux de la France.
Tant et si bien que «le solde extérieur recule de nouveau, mais à un rythme beaucoup moins prononcé depuis deux mois», tentent de rassurer les Douanes, alors que le déficit s'élevait à 12,91 milliards d'euros après révision à la fin du mois de mai. Sur le premier semestre 2022, le constat est sans appel : «une forte dégradation du solde commercial des biens» à -71 milliards d'euros, contre -51 milliards d'euros au semestre précédent.
Les prix de l'énergie plombent le déficit français
Selon le ministère des Affaires étrangères, «cette dégradation tient essentiellement à l’alourdissement de la facture énergétique dans le contexte de l’agression russe en Ukraine et de l’impact de la pandémie sur les secteurs clé de l’aéronautique et du tourisme pour nos exportations». Selon Olivier Becht, ministre délégué auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, cité dans un communiqué, «depuis l’agression de l’Ukraine par la Russie, la France connaît le même sort que les principaux pays de l’Union européenne : tous voient leur solde commercial se dégrader depuis le début de l’année 2022 du fait de l’explosion des prix de l’énergie».
Avec Reuters (Augustin Turpin, édité par Kate Entringer)


