Près de 200 qubits en 2021, plus de 1 000 qubits annoncés pour 2023. Et 25 millions d'euros, montant de la levée de fonds annoncée le 8 juin 2021 par Pasqal. Depuis sa création en 2019, la start-up se rapproche pas à pas du passage à l’échelle de son ordinateur quantique et de sa commercialisation.
Après avoir signé un partenariat avec Atos, fin 2020, la pépite a été sélectionnée pour équiper dès 2023 le supercalculateur du CEA Joliot-Curie et celui du centre de recherche allemand de Jülich. À l’Institut d’optique de Palaiseau (Essonne), elle conçoit son ordinateur tel qu’il sera commercialisé : un rack modulaire de deux mètres sur trois équipé pour être installé aisément dans un centre de calcul, appelé accélérateur quantique.
Une réussite inédite en Europe, saluée par Emmanuel Macron, pour une technologie issue des travaux fondateurs du physicien Alain Aspect, qui a démontré dans les années 1980 le phénomène d’intrication quantique. L’ordinateur de Pasqal repose sur l’approche des atomes neutres, où les qubits sont des atomes uniques, piégés et manipulés par des lasers pour effectuer des calculs. « Des qubits parfaits », selon Adrien Signoles, le directeur de la R & D de la start-up, contrairement aux qubits supraconducteurs de Google ou IBM, fabriqués par des procédés manuels.
« Finaliser les premiers processeurs quantiques analogues et digitaux »
Cette approche a permis d’effectuer la simulation d’un matériau antiferromagnétique, impossible à réaliser avec un calculateur conventionnel. Une démonstration de l’avantage quantique que seuls Google, la Chine et le CNRS ont réalisé jusqu’ici. Au-delà de cette expérimentation scientifique, la machine Pasqal sert déjà des entreprises comme EDF, qui a utilisé sa technologie pour optimiser l’alimentation de ses bornes de recharge de véhicules électriques.
Forte de ses progrès, la pépite compte passer à la vitesse supérieure avec les 25 millions d'euros d'augmentation de capital qu'elle vient de réaliser. La start-up écrit ainsi, dans son communiqué du 8 juin : « Cette levée de fonds permettra de finaliser les premiers processeurs quantiques analogues et digitaux de Pasqal, de renforcer son approche de co-design des applications qui utilisent ces processeurs [...], de construire son offre de calcul quantique hybride via le cloud et de s’implanter à l’international. »



