Les ventes de pompes à chaleur ont bondi de 83% entre 2018 et 2019. L’explication ? Le crédit d’impôt de 30% s’est transformé en une subvention pouvant aller jusqu’à 8 000 euros. L’électrification de la mobilité, du bâtiment et de l’industrie relève d’un savant assemblage de réglementations, de progrès techniques… et de subventions.
Dans l’industrie, déjà soutenue dans sa quête de performance énergétique par les certificats d’économie d’énergie, ces dernières sont indispensables pour sortir des énergies fossiles. « Il faut déployer toutes les technologies disponibles et poursuivre la recherche sur celles que l’on mettra en œuvre entre 2030 et 2050 », explique Sylvie Padilla, la responsable industrie de l’Ademe, qui gère le plan gouvernemental de décarbonation de 600 millions d’euros. À Tavaux (Jura), Inovyn a investi 68,5 millions d’euros pour passer sa production de vapeur du gaz à l’électricité et a bénéficié d’un apport de fonds publics à hauteur de 18%.
Il faut conserver ces bonus jusqu’en 2025, le temps d’atteindre un équilibre du TCO, le “total cost of ownership”, entre l’électrique et le thermique.
— Marc Mortureux, directeur général de la Plateforme automobile
C’est néanmoins dans la mobilité électrique que se concentrent les aides. Avec le bonus écologique et l’arrivée à maturité de l’offre des constructeurs les ventes de ces modèles ont quadruplé entre 2018 et 2020. « Il faut conserver ces bonus jusqu’en 2025, le temps d’atteindre un équilibre du TCO, le “total cost of ownership”, entre l’électrique et le thermique », plaide Marc Mortureux, le directeur général de la Plateforme automobile. Ce qui exige de développer de nouvelles technologies.
C’est l’un des objets du plan de 300 millions d’euros pour moderniser l’automobile. Il subventionne, par exemple, l’investissement de 36 millions d’euros de l’usine d’Hanon Systems, à Charleville-Mézières (Ardennes), pour des refroidisseurs de moteurs électriques, mais aussi l’industrialisation d’un nouveau Bluebus de Bolloré.
Le programme d’investissements d’avenir, lui, soutient à hauteur de 30 à 50% des projets plus en amont d’acteurs du transport, comme Renault Trucks pour des ponts électriques en remplacement de la chaîne cinématique diesel, ou de la chimie, comme Arkema, pour des sels d’électrolyte améliorant l’efficacité des batteries. Quant à l’Europe, elle permet aux États de subventionner à hauteur de 6,1 milliards d’euros des consortiums de batteries électriques via deux projets d’intérêt commun lancés en 2019 et 2021.
Effort accru sur les transports collectifs
Les collectivités locales, qui travaillent en priorité sur les transports en commun et les infrastructures de bornes de charge, ne sont pas en reste. En octobre 2020, Ile-de-France Mobilités a obtenu 23 millions d’euros du programme Connecting Europe facility pour financer les bus électriques de la RATP. « Désormais, la Commission devrait concentrer son soutien sur les stations-service électriques ou hydrogènes plus que sur les équipements », estime Gautier Chatelus, le directeur infrastructures et transport de la Banque des territoires.
Le gouvernement français a multiplié par cinq les subventions que l’Avere, l’association pour le développement de la mobilité électrique, octroie pour les bornes électriques en ville. Il a aussi dédié 100 millions d’euros aux bornes de recharge ultrarapides du réseau routier. Les collectivités sont soutenues dans l’électrification des transports collectifs via l’hydrogène.
En février, Belfort, Nice, Gardanne, Nantes et Saint-Nazaire ont reçu un coup de pouce européen de 27,4 millions d’euros pour des stations d’hydrogène décarboné. Les 7 milliards d’euros du plan hydrogène aideront à le produire par électrolyse, au plus près des usages.



