L’incendie, qui a ravagé l’un des datacenters d’OVH à Strasbourg, rendant 3,6 millions de sites Web inaccessibles selon le cabinet Netcraft, a provoqué un immense électrochoc dans le numérique français. Il est encore trop tôt pour tirer toutes les leçons de cet accident rarissime dans le monde des datacenters. Cela soulève néanmoins de nombreuses interrogations. Les datacenters d’OVH sont-ils à l’état de l’art de la sécurité incendie ? Si oui pourquoi les systèmes de détection précoce et d’extinction automatique n’ont pas étouffé le feu ? Pourquoi les flammes se sont-elles propagées aussi vite obligeant les pompiers à isoler l'ensemble du site et à couper l'alimentation électrique des quatre datacenters? La distance de sécurité entre les différents datacenters est-elle suffisante pour éviter l'effet domino ?
Des anciens bâtiments industriels transformés en datacenters
Certains n’hésitent pas de pointer le modèle low cost d’OVH.
Pour réduire les coûts et aller plus vite, le champion français du cloud ne construit pas à partir de zéro ses datacenters. Il utilise plutôt des anciens bâtiments industriels qu'il reconvertit en centres de données. Il se targue de tout maîtriser en interne, de la tôle jusqu’aux baies de serveurs. Grâce à son système de refroidissement maison, qui refroidit les processeurs des serveurs à l’eau, il s’affranchit de la climatisation avec, à la clé, une économie d’exploitation de 30 % par rapport aux datacenters classiques climatisés. Un fonctionnement qui lui permet de transformer n’importe quel bâtiment existant en datacenter. A Strasbourg, ce sont des bâtiments d'ArcelorMittal qui ont été ainsi transformés en datacenters.

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Alors qu’il détient à peine 1 % du marché mondial du cloud, OVH parvient ainsi à rester compétitif et à résister aux géants américains Amazon, Microsoft et Google qui dominent allègrement le marché. C’est grâce à ce modèle qu’il a réussi à devenir le premier hébergeur européen de sites Web et le troisième au monde derrière China Telecom et Amazon. A-t-il fait des compromis en matière de sécurité pour réduire les coûts ? Rien dans la réglementation ne l'oblige à équiper ses centres de données de systèmes précis de détection précoce et extinction de feu. Les bâtiments à structure métallique et planchers en bois abritant souvent ses datacenters sont-ils adaptés ? Autant de questions qui renvoient OVH à ses choix techniques.
Priorité à la restauration de la confiance des clients
Reste que cet accident arrive au plus mauvais moment. L’ETI roubaisienne se préparait à entrer en Bourse pour accélérer sa croissance. Il n’est pas clair à ce stade si cet incendie va la contraindre à reporter l’opération. L’urgence est à la restauration de la confiance des clients. Il y aura sans doute un avant et un après OVH Strasbourg dans le numérique français.



