«J’ai observé comment les bâtiments de grands constructeurs automobiles comme McLaren, Williams, Red Bull, Ferrari, Alpine… étaient conçus et organisés. Notre Technocentre, avec sa rue centrale vitrée autour de laquelle se déploient les ateliers, va nous permettre de monter en puissance sur le plan technologique» explique Hugues de Chaunac, fondateur et président d’Oreca.
Implanté à Signes (Var), près du circuit Paul Ricard, le groupe a investi 15 millions d’euros entre la construction de l’édifice et son équipement en machines. Sur les 8000 m², près de 4000 m² sont dédiés à la conception, la construction et l’assemblage de voitures de compétition pour différentes catégories (Hypercar, GT3 et LMP2). Le reste accueille un showroom, des espaces de stockage et les services support.
C’est sur ce site que naissent notamment les Ferrari 296 GT3 dont l’une d’entre elles a remporté en 2023 les 24h du Nürburgring, en Allemagne. La division Motorsport d’Oreca génère 55% du chiffre d’affaires du groupe, autour de 150 millions d’euros en consolidé avec les autres divisions de «retail / e-commerce» et d’événementiel du groupe familial. L’ensemble représente plus de 350 collaborateurs.
JC Barla Show-room du Technocentre d'Oreca. © JC Barla
Une stratégie confortée
Uniquement sur la partie automobile, ils sont 150 à Signes et une cinquantaine d’autres à Magny-Cours (Nièvre). «Nous avons doublé les effectifs en trois ans. Aujourd’hui, nous avons la capacité d’assembler de 6 à 10 voitures par mois. Notre mission avec Ferrari est de démontrer que tout ce que ses ingénieurs ont dessiné est industrialisable. A la fin du programme signé en 2021 et mis en œuvre au deuxième semestre 2022, nous aurons réalisé une centaine de voitures et assuré le support client. Mais nous collaborons également avec Honda/Acura pour les Etats-Unis, Alpine en Europe… Nous fabriquons les LMP2 d’Oreca», explique Rémi Taffin, directeur d’Oreca Motorsport.
«L’idée de cet outil technologique a commencé à germer dès 2018. Nous étions vraiment dans l’anticipation. Puis est arrivé le covid... Quand nous avons signé le partenariat avec Ferrari, le concrétiser s’est imposé comme une évidence», raconte Raphaël de Chaunac, vice-président, pour qui cet accord reflète la nouvelle dimension stratégique d’un groupe qui sera engagé dans les trois catégories aux prochaines 24h du Mans, du 12 au 16 juin, et vient de structurer une présence durable aux Etats-Unis, à Indianapolis. «C’est une base pour nous y développer à l’avenir» poursuit-il.
JC Barla Atelier d'assemblage du Technocentre d'Oreca. © JC Barla
Une attractivité à promouvoir
En parcourant la rue centrale du Technocentre, on constate le saut technologique opéré par Oreca Motorsport dans l’usinage de pièces et composants métalliques ou composites, la métrologie, l’électrique et l’électronique, le contrôle qualité, le montage… «La plupart des machines sont neuves» confie Hugues de Chaunac, en précisant que des imprimantes 3D sont prévues pour une installation imminente.
Le bureau d’ingénierie et R&D, doté de 300 m², mobilise, lui, une trentaine de salariés. «Tout a été prévu et aménagé dans le bâtiment pour accroître la performance, améliorer le confort de travail et optimiser la gestion des flux, énergie, eaux, déchets» explique Rémi Taffin qui espère attirer sur ces métiers de passion des talents encore en nombre trop restreint dans le soudage, la mécanique ou l’électronique, et dans tous les niveaux de qualification.



