Orange Business Services paie au prix fort la mutation du monde du travail

OBS (Orange Business Services), la division Entreprises d'Orange, est au coeur des tensions qui pèsent sur le monde des télécoms. D'un côté, un changement des usages qui réduit les recettes. De l'autre, une hausse des coûts due en partie à l'inflation. OBS doit accélérer sa mue, ont indiqué les dirigeantes du groupe et de la filiale.  

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Des recettes en baisse et des coûts en hausse pèsent sur l'Ebitdaal d'Orange Business Services.

Que va devenir Orange Business Services (OBS) ? Il faudra attendre septembre pour qu'Aliette Mousnier-Lompré, la nouvelle directrice générale d'OBS, la division Entreprises de l'opérateur télécoms, précise son plan. En attendant, les résultats de cette entité démontrent la nécessité d'une adaptation. Lors de la présentation des résultats trimestriels d'Orange qui sont globalement stables, ce 28 juillet, l'activité d'OBS, qui occupe le troisième rang des ESN (entreprises de services du numérique) selon Pierre Audoin Consultants, a été annoncé en recul de 1,1 %. En tenant compte de l'inflation, cela veut dire que l'activité a reculé en volume. Plus inquiétant, l'Ebitdaal (Ebitda après paiement des loyers, l'indicateur de rentabilité du groupe) a reculé de 25,3%.

Recul sur la voix

Une des raisons de ces difficultés s'appelle Covid et télétravail. La mutation des usages en matière de télécommunications a été beaucoup plus rapide qu'anticipé notamment du côté des entreprises. Le recours à des plateformes de vidéoconférences s'est accéléré. Surtout, il n'y a pas eu de retour au monde d'avant. Pour le dire autrement, les échanges professionnels qui se sont faits sur Zoom, Teams et autres solutions en ligne ont continué après la pandémie. C'est autant de perdu pour l'activité voix en B to B. Le manque à gagner pour un opérateur comme Orange serait de plusieurs centaines de millions d'euros selon certaines sources. 

Pour ne rien arranger, l'opérateur a dû faire face à la vague d'inflation salariale dans certains des pays où il est présent, a expliqué la directrice générale d'OBS. Il a aussi subi la hausse du coût de certains composants et les difficultés logistiques qui ont touché le secteur des télécommunications. En résumé, d'un côté des recettes qui baissent et de l'autre des coûts qui augmentent. 

Nouvelles sources de croissance

Pourtant, la situation n'est pas figée. D'abord, parce que l'opérateur a d'ores et déjà prévu de s'adapter aux évolutions en cours. Pour le moment, "le déclin structurel des activités historiques Voix et Data est supérieur aux relais de croissance des services IT & intégration", précise le communiqué de presse qui accompagne les résultats. Le lancement de Bleu, la co-entreprise avec Capgemini prévu à l'horizon 2024 est un exemple des relais de croissance attendus par le groupe. D'ores et déjà, Orange indique des taux de croissance à deux chiffres pour l'activité de certaines des activités : +13 % au premier semestre pour la cybersécurité, +15 % pour le cloud et +8% pour le digital/data. On peut donc imaginer que c'est sur celles-ci que le groupe va accélérer pour récupérer le terrain perdu sur la voix. 

Par ailleurs, Aliette Mousnier-Lompré a expliqué lors de la conférence de présentation des résultats travailler d'ores et déjà sur des mesures pour redresser la situation rapidement, comme l'insertion de clauses d'indexation sur l'inflation des contrats pour pouvoir répercuter plus rapidement les hausses de prix. De telles clauses n'étaient plus d'usage dans de nombreux contrats, a-t-elle indiqué. Il est aussi prévu un travail sur le sourcing notamment pour diversifier les sources d'approvisionnement d'OBS. 

Une revue stratégique a également été évoquée par Chrystel Heydemann, la directrice générale du groupe. Pas de sessions à l'horizon, mais a-t-elle précisé, "on va définir ce sur quoi on veut investir". 

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