Novartis évoque 400 suppressions de postes en France, les syndicats plus de 500

La filiale française du laboratoire suisse Novartis a présenté le 11 janvier aux partenaires sociaux un plan de suppression de 400 postes en France, touchant essentiellement le siège social mais pas les usines. Les syndicats parlent de 528 suppressions.

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R&D Novartis
Novartis a engagé depuis 2022 un plan de restructuration de 8000 postes dans le monde. La déclinaison en France conduirait à la suppression de 400 à 500 postes.

L’année démarre dans un climat social tendu chez Novartis France. La direction a présenté aux représentants du personnel ce 11 janvier 2023 un plan prévisionnel de suppression de 400 postes dans ses effectifs en France. Une procédure d’information-consultation devrait s’engager dans les prochains jours pour la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Ce chiffre de 400 suppressions est contesté par les syndicats. Le Fédération chimie-énergie de la CFDT (FCE-CFDT) évoque en réalité un chiffre de 528 suppressions de postes, avec en parallèle la création de 85 postes et le maintien d’une soixantaine de postes qui sont toutefois aujourd’hui vacants. Selon le communiqué de Novartis France, les suppressions pourraient commencer «de manière progressive sur plusieurs mois jusqu’au début de l’année 2024».

Ce projet est une déclinaison française du plan mondial de restructuration du groupe Novartis. En 2022, le laboratoire suisse avait présenté un projet de regroupement de ses deux entités Pharmacie et Oncologie, formant désormais la division Innovative Medecines (médicaments innovants). Novartis avait à l’occasion dévoilé un plan de 8000 suppressions d’emplois dans le monde, sur un effectif global de 108 000 salariés, avec un recentrage sur cinq aires thérapeutiques : cardiologie, neurologie, oncologie, immunologie et hématologie.

Pas d'impact sur les usines françaises

En France, où Novartis recense environ 2900 salariés, ce plan de restructuration n’aurait pas d’impact sur les deux sites de production du laboratoire en France, ni à Huningue (Haut-Rhin, centre biotechnologique), ni aux Ulis (Essonne, spécialisé dans les thérapies cellulaires et les thérapies géniques). Les postes menacés se trouvent au siège de la filiale française à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), où officient plus de 1400 collaborateurs. Le PSE menacerait ainsi plus environ un tiers des effectifs du siège, dans tous les départements, en particulier dans le marketing et les forces de vente. «On ne s’attendait pas à une telle ampleur», regrette Hélène Lapauw, déléguée syndicale centre FCE-CFDT de Novartis. Elle estime que trois médicaments devraient «perdre leurs brevets dans les 3 ou 4 ans qui viennent, mais c’est une gymnastique connue dans l’industrie pharmaceutique, nous n’avons pas un portefeuille vide. Ce plan social n’est pas défendable ».

La perte de brevets est l’un des arguments avancés par Novartis pour justifier cette restructuration, ajoutant aussi la "pression économique particulièrement forte qui pèse sur le médicament", selon le communiqué. Sur ce sujet, un porte-parole de Novartis indique que cette pression « résulte notamment de nouvelles contraintes réglementaire et budgétaires supplémentaires sur l’ensemble du secteur, à l’instar des éléments présentés dans le dernier PLFSS ».

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