«Nous ne laisserons pas tomber les activités industrielles d'Atos», assure Bruno Le Maire

Dans un entretien aux Echos, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a déclaré que l’Etat ne laisserait pas tomber Atos, le groupe de services informatiques français empêtré dans d’importantes difficultés financières. Quelques mois plus tôt, lors des Assises de l’Industrie organisées le 8 novembre par L’Usine Nouvelle, il assurait vouloir «protéger les technologies les plus sensibles» de la société.

Bercy sort de son silence. Alors qu’il s’était peu exprimé sur les difficultés financières d’Atos ces derniers mois, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a affirmé lundi 5 février au journal Les Echos : «Nous ne laisserons pas tomber les activités industrielles d'Atos qui représentent des dizaines de milliers d'emplois».

Le matin même, le groupe de services informatiques qui emploie 112 000 salariés dans le monde dont 10 000 dans l’Hexagone annonçait la nomination d'un mandataire ad hoc par le Tribunal de commerce de Nanterre pour encadrer ses discussions avec ses banques en vue de parvenir à un plan de refinancement de sa dette financière. Il prévenait également que les conditions de réalisation de son projet d'augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription de 720 millions d'euros n’étaient pas réunies. Des annonces qui ont fait plonger le cours de son action de 22% en Bourse.

«Protéger les technologies les plus sensibles»

«L'Etat utilisera tous les moyens à sa disposition pour préserver les activités stratégiques d'Atos», a ajouté le ministre de l'Economie, qui assure que ses services sont «en contact régulier» avec la direction d'Atos et dit suivre le dossier «très attentivement». Lors des Assises de l’Industrie organisées par L’Usine Nouvelle le 8 novembre, le ministre affirmait déjà qu’«Atos [avait] des activités très sensibles et d’autres qui le sont moins […] Ma responsabilité est de protéger les technologies les plus sensibles : elles resteront françaises».

Ces activités sont essentiellement réunies au sein de la division Big Data & Security (BDS) d’Atos, spécialisée notamment dans la cybersécurité, le calcul haute performance et le big data. Elles pourraient être cédées à Airbus pour environ 1,5 milliard d’euros. De quoi renforcer l’avionneur européen – qui avait renoncé à son offre de prise de participation de 29,9% dans Eviden (qui comprend BDS) en mars 2023 – dans le domaine du digital.

Avec Reuters (Reportage par Zhifan Liu)

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
Trouvez des produits et des fournisseurs